Si vous être fort anxieux, un protocole très simple permet de réduire significativement votre niveau d’anxiété et peut même vous permettre de mieux vous endormir. J’ai utilisé ce protocole avec des enfants mais voici le protocole destiné aux adultes pour la Relaxation Musculaire Progressive (PMR).
Protocole de Relaxation Musculaire Progressive (PMR)
Introduction
Trouvez un endroit calme où vous ne serez pas dérangé. Installez-vous confortablement dans une position assise ou allongée.
Fermez les yeux, respirez lentement et profondément quelques fois pour commencer à vous détendre.
Concentrez-vous sur votre corps et sur les sensations que vous ressentez.
Phase de relaxation progressive
L’objectif est de contracter chaque groupe musculaire pendant 5 à 10 secondes, puis de relâcher pendant 10 à 20 secondes tout en observant la différence entre tension et détente.
1. Respiration préparatoire
Inspirez profondément par le nez, retenez votre souffle pendant 2 à 3 secondes, puis expirez lentement par la bouche.
Répétez cela 3 fois.
2. Muscles du visage
Front : Froncez les sourcils comme si vous étiez en colère. Maintenez la tension, puis relâchez en imaginant votre front lisse et détendu.
Yeux et joues : Fermez les yeux très fort, maintenez, puis relâchez doucement.
Bouche et mâchoire : Serrez les mâchoires et pressez les lèvres ensemble. Maintenez, puis relâchez en laissant votre mâchoire légèrement ouverte.
3. Cou et épaules
Cou : Inclinez doucement votre tête vers l’arrière en contractant les muscles du cou. Maintenez, puis relâchez en ramenant la tête à une position neutre.
Épaules : Haussez les épaules comme pour toucher vos oreilles. Maintenez, puis relâchez en laissant les épaules tomber naturellement.
4. Bras et mains
Bras droit : Tendez le bras droit vers l’avant ou serrez le poing fermement. Maintenez, puis relâchez.
Bras gauche : Répétez avec le bras gauche.
Mains : Serrez les poings des deux mains, maintenez, puis relâchez en écartant les doigts.
5. Torse
Poitrine : Inspirez profondément et gonflez votre poitrine. Maintenez, puis relâchez en expirant lentement.
Dos : Contractez doucement les muscles du dos en cambrant légèrement. Maintenez, puis relâchez.
6. Abdomen
Rentrez le ventre en contractant les abdominaux. Maintenez, puis relâchez en laissant le ventre redevenir souple.
7. Jambes
Cuisse droite : Tendez la jambe droite en contractant les muscles. Maintenez, puis relâchez.
Cuisse gauche : Répétez avec la jambe gauche.
Mollets : Pointez les orteils vers le sol pour contracter les mollets. Maintenez, puis relâchez.
Pieds : Pliez les orteils vers vous. Maintenez, puis relâchez.
Phase de relaxation finale
Prenez un moment pour ressentir votre corps entièrement détendu. Notez la différence entre tension et relâchement.
Respirez lentement et profondément pendant 1 à 2 minutes, en visualisant une sensation de calme qui se diffuse dans tout votre corps.
Conclusion
Lorsque vous êtes prêt(e), commencez à bouger doucement vos mains et vos pieds, ouvrez lentement les yeux et reprenez contact avec votre environnement.
Prenez quelques instants pour profiter de cet état de relaxation avant de reprendre vos activités ou vous pouvez simplement vous laisser glisser dans un bon sommeil bien mérité.
Conseils pratiques :
Pratiquez la PMR au moins une fois par jour pour en maximiser les bienfaits.
Si vous ressentez une tension inhabituelle ou une douleur, passez simplement au groupe musculaire suivant.
Au cours d’une consultation j’ai repensé à cette merveilleuse vidéo créée par Dove dans le cadre de leur projet Estime de Soi. C’est une merveilleuse démonstration du pouvoir de l’image négative que l’on peut avoir de soi-même et de son manque de vérité. Vous êtes vous aussi plus belle (ou plus beau) que vous ne le pensez.
Dans le podcast « Homo Interneticus« , Emmanuel nous parle des 6 piliers de la santé mentale, les 6 domaines qui nous permettent de devenir plus résilient et d’être en meilleure santé.
Le podcast est disponible sur différentes plateformes comme Spotify, Amazon Music, Apple Podcast ou YouTube
La notion d’autisme est entourée d’un certain nombre de mythes et de contre-vérités. Depuis quelques années, avec la sensibilisation à la neurodiversité, on voit même de plus en plus de personnes qui se reconnaissent publiquement comme autiste. Malheureusement, l’autisme semble être le nouveau HPI et certains diagnostiques semble parfois être un peu hâtés.
Gaétane Deliens dirige avec Mikhail Kissine le centre ACTE (Autisme en Contexte: Theorie et Expérience) et nous livre dans un nouvel opus du merveilleux podcast Milgram de Savoir, une explication claire et scientifique de l’autisme, au dela des mythes et des stéréotypes.
Vu que j’ai un grand écran dans mon cabinet de consultation connecté à mon ordinateur, je me suis souvent dit que je pourrais l’utiliser pour afficher un point en mouvement que mes patients peuvent suivre à la place de mes doigts lors des séances d’EMDR. C’est moins fatigant pour moi et la fréquence optimale de mouvement est plus facile à maintenir avec un ordinateur qu’avec un mouvement manuel.
En essayant ChatGPT, l’interface en langage naturel d’OpenAI, je lui ai demandé de me créer une page HTML qui lance une animation de petits points allant de gauche à droite et retour pendant une minute. Cette page est disponible ici: https://www.psychologue-clinicien.be/files/EMDR2.html
Ci-dessous, vous pouvez prévisualiser le résultat:
Bien que les médias ont annoncés la mise en œuvre du nouvel accord visant à étendre le remboursement des prestations des psychologues cliniciens dès septembre 2021, celui ne rentrera réellement en vigueur qu’à partir de janvier 2022. En effet, bien que les budgets aient été votés, de nouvelles conventions doivent être signées entre l’INAMI et les différents réseaux, puis entre ces réseaux et les psychologues cliniciens agréés. L’ancienne convention reste néanmoins d’application jusqu’à la fin de l’année 2021.
Malgré ce petit retard, ce changement (j’ai presque envie d’écrire « cette révolution ») est une avancée majeure pour les personnes en difficultés psychologiques. Les interventions de premières lignes seront désormais ouvertes à toutes les demandes (toutes les pathologies, tous les âges). De plus, il n’est plus nécessaire de consulter son médecin traitant avant de prendre rendez-vous avec un psychologue de première ligne, la prescription de renvoi mise en place durant la phase d’évaluation n’est plus requise.
Le remboursement
Désormais, le patient ne paie que 11€ (4€ pour les personnes bénéficiant de l’intervention majorée). Comme c’est déjà possible chez le médecin généraliste, le psychologue clinicien applique le régime du tiers payant, évitant ainsi au patient d’éventuels délais dans le remboursement des soins.
De plus, la première séance de l’intervention de première ligne, le bilan fonctionnel, permettant d’orienter le patient vers le traitement le plus adapté, est désormais gratuite.
Intervention de première ligne et soins spécialisés
Un deuxième type d’intervention vient compléter l’offre de première ligne lancée en 2019: les interventions spécialisées. Celles-ci pourront être de plus longue durée (plus grand nombre de séances), pour des pathologies plus sévères. L’accès à ces soins spécialisés sera établi lors de la réalisation d’un bilan fonctionnel durant la première séance.
Les interventions de groupes
Autre nouveauté, aussi bien pour les interventions de première ligne que pour les interventions spécialisées, des sessions de groupe sont aussi possibles (avec la possibilité de complémenter les sessions de groupe avec une session individuelle, avant ou après).
Durée de l’intervention
Pour ce qui est de la durée du traitement, la nouvelle convention prévoit un nombre maximum de sessions par an par individu. Le nombre de sessions diffère selon que le patient soit un enfant (ou adolescent) de moins de 23 ans ou un adulte de 15 ans ou plus. Comme vous le comprenez, entre 15 et 23 ans, le psychologue clinicien peut décider de considérer le patient comme un enfant ou un adulte en fonction du type de problématique et de traitement qui sera le plus adapté. Le tableau ci-dessous récapitule le nombre maximal de sessions par an pour les différents cas possibles.
Enfants & Adolescent(- de 23 ans)
Adultes(15 ans et plus)
Interventions de première ligne
Individuelles
10 par an
8
Groupes
8 par an (+1 individuelle)
5 par an (+1 individuelle)
Intervention spécialisées
Individuelles
20 par an
20
Groupes
15 par an (+1 individuelle)
12 par an (+1 individuelle)
Une meilleure accessibilité à des soins de qualité
En plus de ces changements qui seront immédiatement perceptibles par les patients, la nouvelle convention vise aussi à améliorer la qualité des soins en assurant la formation continue des psychologues cliniciens, en favorisant la collaboration avec les autres acteurs de la santé mentale (médecins généralistes, psychiatres, logopèdes, infirmiers et infirmières, kinésithérapeutes, assistantes sociales et assistants sociaux) et en incitant les psychologues de première ligne à sortir de leurs cabinets pour travailler au plus près des personnes dans le besoin d’aide psychologique. Voilà donc un ensemble de mesures qui vont permettre, nous l’espérons tous, d’améliorer l’accès aux soins psychologiques de qualités pour toute la population.
Depuis le 1er avril 2019, les prestations des psychologues cliniciens sont enfin remboursées par l’INAMI (la sécurité sociale). Bien sûr certaines mutualité offraient déjà un remboursement depuis quelques années (souvent 10€ par séance pour 6 à 12 séances par an) mais celui-ci ne rendait pas le suivi psychologique accessible à tous. Désormais, le patient ne paie que 11€ pour sa consultation chez un psychologue clinicien agréé par l’INAMI et ce pour maximum 8 séances par an.
Bien sûr, il y a quelques petits bémols. Cette avancée importante pour les patients n’est pas encore généralisée à tout le monde ni à tous les types d’interventions. Pourquoi? Simplement parce qu’il s’agit d’une phase d’évaluation par l’INAMI et que le budget nécessaire (estimé à environ 220 millions d’Euro par an) pour subventionné ces interventions n’a pas encore été trouvé. Cependant, un budget d’un peu plus de 20 millions a déjà été débloqué et cela permet de prendre en charge, dans le cadre d’interventions de première ligne (= pour des troubles qui peuvent être pris en charge en quelques séances) pour trois types de difficultés: Les troubles anxieux, la dépression (et le burn-out) et la dépendance à l’alcool. Pourquoi ces trois difficultés? Simplement parce que ce sont les plus fréquentes et celles qui coûtent cher en médicaments et en absentéisme à notre collectivité. Vu qu’il s’agit d’une phase pilote dans un cadre restreint, les patients qui désirent bénéficier de ces interventions doivent d’abord passer chez leur médecin généraliste ou leur psychiatre qui devra leur faire une prescription de renvoi (qui n’est pas la prescription habituelle du médecin mais bien un document standardisé que le médecin peut trouver sur le site du réseau 107).
Cette première prescription permet au patient de prendre rendez-vous avec n’importe quel psychologue clinicien agréé par l’INAMI. Cette agrément vous garanti aussi au passage que le ou la psychologue possède le visa autorisant la pratique de la psychologie clinique, qu’il ou elle respecte le code de déontologie des psychologues et qu’il ou elle a un minimum de 3 années de pratiques préalables. En dehors de cet agrément, vous bénéficiez toujours, dans le cadre d’une relation thérapeutique avec un psychologue clinicien disposant du visa autorisant la pratique, de la protections du cadre légal régissant la pratique des soins de santé, tout comme c’est le cas avec un médecins généraliste ou un psychiatres. Le secret professionnel, qui est un des fondements de la pratique de la psychologie clinique et une des questions qui revient fréquemment de la part des patients, est mis en force par le code de déontologie des psychologues (cliniciens ou non) et par le cadre légal réglementant les professions de soins de santé auquel les psychologues cliniciens sont désormais rattachés.
Espérons qu’après les quelques années prévues pour l’évaluation du projet, celui-soit étendu et généralisés à l’ensemble des problématiques et de la population. Ce n’est cependant pas chose faite car le projet ne fait pas l’unanimité, principalement en Flandre ou les associations professionnelles appellent au boycott du projet, résultant dans un manque criant de praticiens souscrivant à la convention avec l’INAMI. On peut bien sûr estimer que 1€ par minute n’est pas suffisant pour un psychologue qui à du faire 5 ans d’études universitaires suivi par 3 années de formations complémentaires et de pratiques supervisées mais tous les psychologues ne demandaient pas autant avant cette proposition (et ne sont pour autant pas moins compétent) et il peuvent donc s’y retrouver. Les associations professionnelles s’insurgent contre le cadre restreint à quelques difficultés (pathologies), ce qui est légitime mais ne tient pas compte des progrès réalisés. Depuis plus de 20 ans, les projets de reconnaissance des spécificités de la psychologie clinique et le remboursement de celle-ci restaient au fond des tiroirs des politiciens, au grand désespoir des psychologues et surtout des patients, et maintenant qu’un progrès significatif est fait, les associations professionnelles se rebellent. On peut comprendre que c’est aussi leur fond de commerce, de défendre la profession ou du moins leur vision de la profession, mais cela me semble faire preuve d’une manque de flexibilité psychologique. Je sais combien l’engagement dans la défense et la promotion de sa profession est une mission difficile, exigeante et louable mais parfois ce rôle nous confine dans une position qui est un peu rigide. Rien n’empêche cependant d’accepter ce qui est tel qu’il est pour le moment, d’aider ces nombreuses personnes dans le besoin d’une aide enfin abordable et de continuer en même temps à militer pour une meilleure rémunération. D’autant plus que l’agrément INAMI ne force pas à appliquer ce tarif lorsque le psychologue pratique en dehors du cadre des soins de première ligne.
Un autre argument qui est souvent utilisé pour s’opposer à cette nouvelle mesure est que le nombre de séance remboursé est insuffisant. Là aussi, je m’étonne de l’argument. Même si certains « modèles » thérapeutiques tendent à prendre un peu (voir beaucoup) plus de temps que d’autres, la plupart des modèles psycho-thérapeutiques « reconnus » permettent des interventions efficaces en 4 à 8 séances. Ce nombre de séance à d’ailleurs été déterminé suite à une étude faites chez nos voisins Hollandais et montrant que une vaste majorité des patients voyaient leurs problèmes résolus en 4 à 8 séances. Et c’est aussi ce que mon expérience professionnelle me laisse à penser. D’autant plus si l’on considère le cadre des interventions de première ligne qui s’adresse spécifiquement à des difficultés modérées qui peuvent normalement être prisent en charge en quelques séances.
Je terminerai en revenant sur un troisième argument que je lis souvent pour s’opposer à ce progrès: la prescription de renvoi du médecin. La pratique de la psychologie clinique est, de par la loi, une pratique autonome. Entendez par là que le psychologue ne travaille pas sur base d’un diagnostic ou d’une évaluation effectuée par une tierce personne (comme c’est le cas pour le kinésithérapeute qui travaille sur base de la prescription du médecin ou du médecin radiologiste qui se base sur la prescription d’un de ses confrères). Certains s’insurgent donc que la « prescription de renvoi » du médecin va à l’encontre de cette autonomie. C’est là malheureusement dû à un choix de mot peu judicieux. « Prescription de renvoi » aurait pu être remplacé par « lettre de recommandation ». Etant donné la phase pilote, le médecin généraliste, qui reste dans plus de 90% des cas le point de contact premier pour toutes les souffrances, physique ou psychique, est là pour assurer un « pré-sélection », un filtrage préalable, assurant que les psychologues ne se retrouvent pas face à des patients qui ne rentrent pas dans le cadre de la phase pilote et qu’ils soient obligés de leur expliquer qu’ils doivent dès lors payer plus que ce à quoi ils s’attendaient. La prescription de renvoi n’empêche pas tout à fait cette situation vu que la première séance, de 60 minutes, est normalement consacrée à l’évaluation, par le psychologue clinicien, de la demande du patient et de son adéquation avec le cadre défini. Le psychologue clinicien est donc bien dans une pratique autonome.
Depuis quelques dizaines d’années, les preuves scientifiques relatives aux facteurs influençant notre santé mentale (et pas que mentale vu que la séparation entre psychique et physique fait de moins en moins de sens) mettent en évidence le lien entre une bonne alimentation, une activité physique régulière et une bonne santé mentale (loin de la dépression et avec des symptômes liés au vieillissement qui sont retardés). Une partie de ces résultats pourraient être expliqué par ce que l’on nomme désormais la neurogenèse, notre capacité à générer de nouveaux neurone, à tout âge. L’efficacité de notre neurogenèse semble être liée à notre humeur (plus on génère de nouveaux neurones, mieux on se porte) et aussi à l’éloignement des maladies dégénératives du cerveau (certaines du moins).
Hors, la neurogenèse semble être influencée par les « suspects habituels »: Bonne qualité de sommeil, bonne alimentation (fruits et légumes, Oméga-3, jeûne intermittent – on mange uniquement pendant une période de 8 à 10h sur la journée) et aussi la pratique d’une activité physique (la course à pieds est souvent le sport de référence, d’autres pourraient avoir le même effet mais les activités physiques mobilisant les membres inférieurs semblent apporter plus de bénéfices que les autres, globalement). Eviter le stress reste aussi un facteur de protection et faire l’amour est toujours excellent pour la santé (sans aller dans les excès, bien sûr).
Si vous désirez un peu plus d’information sur le sujet, voici quelques ressources supplémentaires:
TED talk de Sandrine Thuret sur la neurogenèse (sous-titre en Français disponible)
Un article de l’université d’Harvard sur le jeûne intermittent et ses bénéfices (en Anglais):
Mon approche diagnostique étant plutôt fonctionnelle, je ne suis pas un partisan des étiquettes. Quand je reçois des personnes qui me sont envoyées parce qu’elles sont identifiées comme étant à Haut Potentiel, je fais exactement ce que je fais avec tous mes patients, j’écoute, j’essaie de comprendre, sans a priori. L’étiquette HP ne m’apporte finalement que peu d’information utile. Pourtant, elle s’avère parfois lourde de conséquence. Autant elle permet parfois de mettre un mot, généralement connoté positivement, sur une sensation d’être différent, autant elle est aussi porteuse d’exigences et d’attentes, voire de fantasmes et parfois d’incompréhensions.
Face à cette étiquette, bon nombre de personnes utilisent Internet pour essayer de comprendre ce qu’elle signifie. Ils trouvent alors rapidement des sites qui regorgent d’explications aux allures plus ou moins scientifiques sur le haut-potentiel intellectuel, sur la « zèbritude », expliquant combien ils sont différents, voir supérieurs ou plus fragile, ou plus sensibles. Entre Harry Potter, Lisbeth Salander, Sheldon Cooper, Friedmann et Albert Einstein, les stéréotypes sur les « génies » ne manquent pas de générer des attentes qui peuvent emprisonner celui qui vit avec cette étiquette (ou aussi à celui à qui on ne la « donne » pas). Comme de tout temps, certains utilisent la souffrance de ces personnes en recherche d’elle-même pour les rallier à leur cause, et souvent, malheureusement, à leur portefeuille.
Et pourtant, il y a bien plus à dire que toutes ces images d’Epinal que l’on vous sert. J’ai déjà pas mal écrit sur le sujet mais je vais tenter d’expliquer ici ce que recouvre selon moi les termes et concepts de Hauts-potentiels intellectuels, que certains surnomment surdoués, zèbres, etc…
Je ne vais pas, pour une fois, fournir toutes les références scientifiques sur les sujets que je vais aborder (du moins dans un premier temps, j’y reviendrai peut-être un jour prochain). Mon but est de faire appel au bon sens de chacun, à votre intelligence et de donner des pistes de réflexion. Je vous donne néanmoins, à la fin de cet article, une série de références (articles, sites web et de livres) qui pourront probablement satisfaire votre envie d’en savoir plus sur le sujet.
Si je dis « tenter d’expliquer », c’est que la tâche est plus ardue qu’on ne pourrait le croire. En premier lieu parce qu’il n’y a pas de consensus sur ce qu’est l’intelligence. Si vous interrogez les principaux chercheurs qui s’intéressent à l’intelligence comme sujet d’étude scientifique et que vous leur demandez leur définition de l’intelligence, vous obtiendrez certainement une grande diversité de réponses et autant de discordances que de similarités dans celles-ci. On ne peut néanmoins que difficilement faire l’économie d’une telle définition si l’on veut expliquer ce qu’est le haut-potentiel intellectuel.
Alors, qu’est-ce que l’intelligence? Le fruit du fonctionnement de notre cerveau? Notre capacité à traiter de l’information (résolution de problème)? A en générer de nouvelles (créativité)? Notre capacité à mémoriser des informations et à les classer? Est-ce de l’ordre du cognitif uniquement (qui est en lien avec la connaissance) ou le conatif (lié à la volonté, à l’effort) et l’affectif sont-ils aussi des composantes de l’intelligence (vu l’existence d’un concept d’intelligence émotionnelle)?
Pour les premiers chercheurs s’étant intéressé au concept d’intelligence et ayant tenté de la mesuré (ce qui sous-entend que l’on peut définir de manière opérationnelle, concrète, ce que l’intelligence est ou du moins ce qu’elle produit comme effet), comme Spearman ou Piaget, l’intelligence est une fonction qui permet la résolution de problème, l’adaptation au milieu. L’intelligence ou les intelligences seraient des fonctions, des capacités à résoudre certains type de problème ou à traiter certains type d’information. Howard Gardner théorisa les différentes sortes d’intelligence, soulignant l’existence de personnes ayant des performances intellectuelles hétérogènes, capable par exemple de résoudre des problèmes mathématiques très complexe tout en étant peu performant au niveau verbal. Comme l’écrit Henry Schlinger, il y a peu de sujets qui ont généré autant de tensions et de débats dans la communauté scientifique que l’étude de l’intelligence et les tentatives de la mesurer.
La difficulté de définir l’objet d’une recherche rend d’autant plus difficile la mesure de cet objet. La difficulté de définir ce qu’est l’intelligence tiens fondamentalement qu’il s’agit d’un concept, d’une étiquette. En soi, l’intelligence est une fonction émergente de l’activité physiologique de notre cerveau. Autant on peut assez facilement définir ce qu’est le cerveau, la matière grise, la matière blanche et les neurones, autant le résultat de l’activité de ce complexe ensemble est difficile à déterminer et à scinder. En effet, notre cerveau commande nos membres, traite les informations provenant de nos système perceptifs, donne du sens, crée une conscience de soi, initie et reçoit des communications avec autrui, génère des pensées volontaires et involontaires, résout des problèmes, modifie l’état physiologique de notre corps, ses balances hormonales, mémorise de l’information, infère des règles de fonctionnement sur base de son expérience et sur base de l’expérience d’autrui. Souvent, on parle de notre corps et de nos pensées comme deux choses séparées. C’est ce que l’on appelle le dualisme. Pourtant, notre corps et nos pensées ne font qu’un, ils sont dans un dialogue permanent. Sans parler de l’expérience quotidienne que vous pouvez avoir de l’influence de vos pensées sur votre corps (les mouvement, le stress, les palpitations) et de votre corps sur vos pensées (la souffrance, la fatigue, etc.), nombre d’études scientifiques montrent les liens étroit entre nos pensées, notre corps et même notre environnement. Le clivage en deux entités distinctes n’est donc qu’un concept, qu’une simplification pour nous aider à traiter la complexité que tout cela représente.
Il en va de même pour le clivage entre cognitif, conatif et affectif, ou pour le dire plus simplement entre intelligence, volonté et émotions. Nous ne prenons pas de décisions purement cartésienne comme nous aimons à le croire. Sans émotions, nous ne pourrions pas effectuer le moindre choix. Mais là aussi, afin de pouvoir « étudier » un phénomène, afin de pouvoir le comprendre, nous devons l’isoler et nous inventons donc des concepts qui permettent de délimiter, de restreindre l’objet de nos recherche, de notre compréhension. Ces mécanismes sont nécessaires pour construire notre connaissance mais il ne faut pas oublier que ces catégories ne sont pas naturelles ni « étanches ».
Le haut-potentiel intellectuel est donc une catégorie définie arbitrairement par la communauté scientifique pour désigner un ensemble de la population qui réussit particulièrement bien à passer des épreuves de test diagnostique visant a évaluer (notez bien que je ne dis pas mesurer, car ce n’est pas une mesure mais une estimation, une évaluation) le fonctionnement cognitif d’un individu. Par convention, sont désignés comme haut-potentiel (HP) intellectuel, les personnes qui se situent au delà de deux écart-types de la moyenne dans des tests normalisés. Dans le cas des test de QI (Quotient Intellectuel, vieille notion désuète que l’on doit aux travaux de Stern et puis de Weschler, se basant sur les test d’évaluation de l’intelligence définis par Alfred Binet et Théodore Simon), la moyenne est centrée sur une valeur de 100 et l’écart-type est de 15. Ce qui donne une distribution normalisée comme celle-ci (voir graphique) avec chaque fois le pourcentage de la population qui se retrouve dans chaque intervalle. Les HP sont donc les personnes qui se trouvent au delà de 130.
Comme vous pouvez le constater sur le graphe, la population HP représente donc, par définition, 2,2% de la population (2,1% de 130 à 145 + 0,1% de 145 et plus). Néanmoins, pour ne pas être psycho-rigides, on étend parfois la définition de haut-potentiel intellectuel aux personnes qui réussissent au moins un test d’une échelle de Weschler (WISC pour les enfants ou WAIS pour les adultes) au delà des deux écart-type de la moyenne. Cela explique donc que l’on connaisse le pourcentage de la population qui est considéré HP, celui-ci étant le résultat de la définition même du haut-potentiel. Il s’agit donc bien d’une notion statistique et quantitative. Aussi, toute personne qui prétend que les HP représente 3% ou même 5% de la population, ne sait probablement pas très bien de quoi elle parle.
La catégorie des personnes dites HP est donc une construction abstraite (il n’y a pas d’indicateur physiologique ou biologique clair qui se lie de manière univoque au HP) et arbitraire (décidée par un groupe de personnes) qui est utilisée par des psychologues et des pédagogues pour étudier une population hors-norme, statistiquement parlant. Cela ne signifie pas qu’une personne avec un QI de 129 soit fondamentalement différente d’une personne ayant un QI de 131 (voir même de 135). Il y a un continuum dans les mesures de l’intelligence qui ne permet pas de mettre en place une limite non-arbitraire.
Est-ce que la catégorie HP représente vraiment une catégorie de personnes qui est pertinente? Personnellement, j’ai de plus en plus de doutes à ce sujet et ce pour les raisons suivantes:
1° les tests utilisés (Généralement les tests de Weschler ou des tests de matrices), ne couvrent qu’une partie limitée (généralement 2 ou 3: Logico-mathématique, verbo-linguistique et visuo-spatiale) des formes d’intelligence identifiées par Gardner (ces formes d’intelligences sont aussi des constructions arbitraires et ne reflète pas une organisation physiologique du cerveau). Ce ne sont donc pas des outils qui couvrent entièrement le domaine de l’intelligence (qu’on ne définit toujours pas correctement)
2° Les erreurs d’évaluation peuvent être importantes. Si le sujet à mal dormi, a été entraîné, est au meilleur de sa forme, est déprimé ou anxieux, les résultats peuvent grandement varier. On n’utilise d’ailleurs souvent plus une intervalle de confiance (qui couvre souvent une dizaine de points d’écart) que la valeur elle-même. On ne parle donc pas d’un QI de 135 mais plutôt d’un QI entre 130 et 138.
3° Les tests dit de QI ne sont normalement pas fait pour évaluer l’intelligence (même si c’est le nom qu’ils utilisent) mais pour estimer (ou tenter de mesurer, mais c’est un leurre) les capacités cognitives d’un individu à réaliser une tâche précise et de comparer ce résultat à l’ensemble de la population. Ce genre de résultat est très utile pour comprendre les difficultés d’apprentissage d’une personne, comme outil contribuant à un diagnostique clinique mais pas comme un diagnostique en soi. Il ne faut donc pas réifier les tests de QI et leur donner une valeur qu’ils n’ont pas.
4° les associations qui sont souvent faites entre les résultats aux tests de QI et certaines caractéristiques émotionnelles ou comportementales (ils sont hypersensibles, n’aiment pas les injustices, etc.) créent des stéréotypes qui peuvent « emprisonner » les personnes HP dans une image qui n’est pas la leur. Même si il y a des corrélations statistiques entre certaines traits de caractères ou certaines caractéristiques et les personnes catégorisées comme HP, ce n’est pas pour autant que toute personne identifiée comme HP se retrouve avec toutes ou même ne fut-ce qu’une de ces caractéristiques. Hors, souvent, j’entend dire (ou pire, je le lis sur des sites de « spécialistes » du haut potentiel): il/elle est HP, il est sensible, hyper-vigilant, etc. Le stéréotype étant promu au statut de réalité, le haut-potentiel cache alors la réalité unique de chaque individu.
5° Trop souvent on parle de diagnostique de Haut-Potentiel. Là encore, c’est un danger. Le haut-potentiel intellectuel n’est pas une maladie. C’est une caractéristique de la personne, comme la longueur des bras, des doigts, le tour de taille, etc. Si l’on peut estimer les performances physique d’une personne sur base du ratio entre l’index et le majeur (qui est lié au taux de testostérone présent durant la gestation, et de là, à certaines caractéristiques physiques), on ne catégorise pas les gens à l’aide de ce ratio, ou du moins, on ne porte pas un jugement sur ces personnes sur base de cette caractéristique. On ne parle pas de maladie. Pourquoi le fait-on sur base d’un test de QI? Etre à haut-potentiel intellectuel est une caractéristique qui apporte des avantages dans certaines conditions, tout comme mesurer 2,10 mètres pour jouer au Basketball. Ce n’est pas une maladie D’ailleurs, plus de la moitié des personnes catégorisées comme HP n’ont pas de difficultés liées à cette caractéristique. Cela ne doit pas cacher la souffrance des autres mais bien relativiser le lien systématique fait parfois entre HP et mal-être.
6° Les difficultés d’apprentissage ou d’insertion dans le système éducatif de certains enfants ou adolescents HP est l’arbre qui cache la forêt. A mon avis, et il est partage par de nombreux spécialistes en la matière, ce n’est pas tant la difficulté du système éducatif à s’adapter aux différences individuelles que les différences individuelles des personnes HP elles-même qui sont à l’origine du problème. L’enseignement est trop souvent normatif et donc violent pour des personnes hors-norme (statistiquement parlant).
Donc, pour conclure, la catégorie des personnes à haut-potentiel intellectuel (les HP, les zèbres et consort), est désormais passé d’une catégorie servant à classifier des sujets de recherche à une catégorie de cible marketing pour des gurus, des écrivains, entrepreneurs et voire même parfois certains psychologues en manque de patients. Même si elle a servi pendant tout un temps à sensibiliser les professionnels de l’éducation et de la santé mentale aux différences de mode de fonctionnement intellectuel et aux impacts potentiels sur leurs mode d’apprentissages et de relation au monde, elle commence désormais à créer des représentations stéréotypées clivantes, qui laissent certains prétendre que les personnes HP devraient être isolées et vivre en ghettos. Et là, il me semble que la catégorie perd de son utilité.
Les violences sexuelles touchent malheureusement trop de personnes dans notre société. Face a de telles situations, on se retrouve naturellement assez dépourvu, perdu, confus, submergé par les émotions. Voici quelques liens qui pourraient vous aider dans de telles circonstances. La majeure parties proviennent de l’excellent site: http://www.violencessexuelles.be.
Dans tous les cas, n’hésitez pas à faire appels à un Centre de Prise en charge des victimes de Violences Sexuelles (CPVS). Ces centres existent dans quelques hôpitaux en Belgique: à l’hôpital Universitaire de Gand, au CHU Saint-Pierre de Bruxelles et CHU de Liège. Plus d’information sur les CPVS ici: http://www.violencessexuelles.be/centres-prise-charge-violences-sexuelles
Vous pouvez aussi contacter SOS viol au 02/534 36 36 ou via leur site internet (http://www.sosviol.be)