Archives de l’auteur : Emmanuel Nicaise

Master en psychologie clinique et psychopathologie de l'Université Libre de Bruxelles (ULB). Psychologue clinicien agréé par l'INAMI et la commission des psychologues. Psychothérapie brève et thérapies cognitivo-comportementales. Travaille avec enfants, adolescents et adultes. Doctorant en psychologie à l'ULB. Sujets d'intérêts: psychologie de la cyber sécurité, vigilance, confiance, haut-potentiel intellectuel, influence des nouvelles technologies sur le développement des enfants, psychologie des émotions, psychologie du risque.

La résilience chez le jeune à haut-potentiel…

www.ehpbelgique.org) Pour avoir assisté à quelques interventions d’Olivier Révol par le passé, j’apprécie, en dehors de la justesse de son discours, sa modération et les nuances qu’il apporte dans ses propos sur le haut-potentiel. Son humour et ses petites anecdotes viennent de plus rendre ces moments encore plus agréable. Une très bonne référence donc pour ne pas tomber dans les stéréotypes et le négativisme qui entourent parfois (souvent?) le haut-potentiel.   [caption id="" align="alignleft" width="496"] Affiche EHP Belgique[/caption]]]>

Les zèbres, une nouvelle cible marketing

Déjà, si l’on demande une définition de l’intelligence aux 20 chercheurs les plus impliqués dans le domaine, on obtiendra probalement 20 définitions assez différente (je crois me souvenir qu’un journaliste a fait le test mais je ne retrouve pas l’article). De plus, les outils psychométriques ne font pas ce qu’ils prétendent faire. On ne mesure pas l’intelligence. On peut mesurer une distance, une masse mais l’intelligence est un concept mal défini. On ne mesure que la performance a des tests impliquant des tâches (et donc, théoriquement des fonctions cognitives différentes). Ce sont donc des estimations de performances cognitives sur des échelles arbitraires. Ca vaut donc ce que ça vaut (une mesure de performance a des tâches qui impliquent des fonctions cognitives, cérébrales, particulières, du moins, sur base de ce que l’on en sait pour le moment mais qui ne représente pas l’intelligence de son ensemble, loin de là). De plus, ces mesures sont fortement influencées par l’entrainement, la concentration, l’état de fatique, l’envie de répondre, le stress, etc. Bien sûr, les psychologues qui font de la recherche sur le sujets connaissent toutes ces limitations (enfin, ceux que j’ai rencontré). Elles sont d’ailleurs assez clairement explicité dans les manuels de passation des tests tels que le WAIS et le WISC. Un psychologue qui connaît un peu le sujet ne donnera normalement pas une valeur mais un intervalle (qui couvre entre 10 et 15 points) tant les tests sont imprécis. De plus, on ne donne un QI global que si il est pertinent, c’est a dire qu’il y a une homogénéité des résultats dans les sous-tests (ce qui n’est pas souvent le cas). Ensuite, on sait qu’on ne tient pas compte de toutes les dimensions possible de l’intelligence. Les dimensions musicales, créatives, psychomotrices et autres ne sont généralement pas évaluées. C’est principalement l’intelligence verbale et logico-mathématique qui est évaluée (et sur-représentée) tout en sachant que les tests, bien qu’étalonnés par pays et cultures, n’en son pas moins biaisés. Ca aussi, c’est un phénomène connu. Notons aussi que le QI n’est pas une échelle vu que, de nos jours (pas comme à l’époque des tests de Binet), il représente le résultat relatif d’une personne par rapport à une moyenne normalisée (centrée sur 100, écrat-type de 15), que l’on appelle une Gaussienne. Donc, il peut y avoir plus de différences, en termes de performances cognitives, entre une personne obtenant 153 et une autre 155 qu’entre une personne obtenant 90 et une autre 110 à une des échelles. Comme le suggère le modèle de Gagné, qui modélise la différence entre douance et talent, le tout n’est pas d’avoir de bonne capacités cognitives (un bon processeur), encore faut-il vouloir l’utiliser, la développer et la nourrir. Raisons pour laquelle en Belgique on préfère le terme de Haut-Potentiel à celui d’intellectuellement précoce (signifiant qu’il y a un moment ou la différence n’est plus perceptible) ou de Douance (car pour être doué, il faut utiliser ses fonctions). A titre indicatif, déjà en 1920, Terman avait fait une étude sur le lien (ou plutôt son absence) entre le QI (tel qu’il était mesuré à l’époque) et la réussite sociale ou professionnelle (entre autre en utilisant le QI de prix Nobel). Tout ceci pour dire que la notion de QI et surtout les tests psychométrique sans lesquels elle n’existerait pas, sont des outils destinés à des professionnels et dont la vulgarisation des résultats n’amène, visiblement, que des stéréotypes, des prédictions auto-réalisantes (dont des négatives), des étiquettes (qui enferment les personnes dans le un rôle qui correspond trop souvent au stéréotype) et pleins de fantasmes mais peu de vraies solutions pour les personnes évaluées. Il me semble donc plus prudent de laisser ces chiffres et ces notions aux professionnels. Jusqu’à présent, personne n’annonce son score à une échelle de dépression de Beck aux autres, pourquoi le fait-on avec une échelle de Weschler? En général, personne n’essaie d’expliquer une inadaptation à l’école en fonction du taux de Cortisol dans le sang ou d’un niveau de testostérone. Personne ne vient vous dire « vous avez 300 nmol/L de cortisol dans le sang », ça explique que vous ayez du mal à écouter à l’école. Pourtant, on le fait avec le résultat de tests de QI dont ce n’est clairement pas la fonction et qui sont probablement bien moins pertinent comme explication que ne pourrais l’être la mesure du cortisol justement. Faire passer un WISC (un test de QI pour enfant) n’est pas quelquechose d’anodin que l’on peut faire devant un écran de PC ni pour le plaisir. Personnellement, je ne fais pas de test avec qui que ce soit s’il n’y a pas une raison valable, c’est à dire que les résultats du tests me donneront un éclairage pertinent sur les difficultés que rencontrent mon patient et pourront guider sa prise en charge (ce qui, dans le cadre des tests de « QI », concerne généralement des problèmes d’apprentissages, des dys-quelque chose). Quand j’ai des patients qui me disent que leur enfant a une phobie scolaire ou un problème d’attention ou encore de discipline, ce n’est pas dans un rapport de WISC (surtout si la personne faisant l’évaluation ne prend pas la peine de donner le contexte de l’examen ni comment il s’est déroulé en termes comportementaux et psychosociaux) que je vais trouver un indice. Par contre, savoir que des enfants de 6 ans peuvent avoir une compréhension du monde qui dépasse celle de certains adultes mais qu’ils sont probablement bien moins capable de gérer l’impact émotionnel que cette compréhension implique, ça c’est utile. Savoir qu’un enfant peut avoir une perception des risques et des événement qui est bien plus fine que celle de certains adultes, ça permet de ne pas les catégoriser (catégoriser étant déjà une bétise en soit) l’enfant dans les psychotiques ou les paranoïaques (c’est du vécu!). Travailler en utilisant l’étiquette « HP » ou « Zèbre » est, il me semble, une erreur, car l’étiquette devient l’arbre qui cache la forêt. Chaque individu est différent et le fait qu’une personne possède des capacités intellectuelles supérieures à la moyenne (ce qui n’est pas une maladie, rappelons-le, raison pour laquelle on ne parle normalement pas de « diagnostiquer » des HP) n’explique pas à lui tout seul les éventuels problèmes affectifs, sociaux, méta-physiques ou autres. C’est un fait non-négligeable mais non-suffisant. D’ailleurs, cela n’aurait pas de sens face aux grand nombre de personnes « HP » qui vont aussi bien que le reste de la population (voir même mieux, statistiquement). Et voilà un article de plus dans la section « Haut-Potentiel » de ce blog :o) (et oui, il semblerait qu’il y ai une demande pour la section)  ]]>

Le temps, notre meilleur ennemi

article précédent j’avais relaté l’expérience de Darley et Batson (1973) qui montrait l’impact qu’avait la « pression » du temps sur l’expression de nos valeurs. Sous la « pression » du temps (c’est là que je vous rappelle qu’il n’y a rien de tel si ce n’est ce que nous imaginons et l’importance que nous, en tant que société, attribuons au fait de faire les choses dans certaines limites de temps. La pression vient de la peur de ne pas atteindre les espérances de notre société), nous ne sommes plus ce que nous voulons être, nous devenons, comme des animaux stressés et apeurés, agressifs, égocentriques et peu soucieux des autres. Regardez comme les gentils parents que nous sommes, soucieux du bien être de nos enfants, pouvons devenir des monstres d’agressivité pour arriver « à temps » à l’école puis au travail. Dans l’article précité, vous retiendrez peut-être aussi l’impact du temps sur cette mère de famille qui décida, finalement, de vivre l’instant présent. Donc, si nous n’avons pas le temps, c’est probablement parce que nous voulons faire trop de choses. Et c’est normal, nos vies sont fort remplies, trop remplies, à un point tel que le moindre imprévu exige une « compression » du temps. Parfois, nous devons apprendre à dire « Non » aux autres pour ne pas accepter trop de choses et souvent, nous devons apprendre à dire « Non » à la personne la plus exigeante que nous connaissons: nous-même. Mais parfois, nous préférons avoir trop de choses à faire pour être sûr de ne pas nous retrouver sans rien à faire. Il est étonnant qu’il nous soit parfois si difficile de s’imaginer ne rien faire (Regarder la télévision ou lire un livre, ce n’est pas ne rien faire. Même rêver éveiller c’est faire quelque chose) Le temps est fini. Quand nous serons mort, ce ne sera plus notre problème. D’ici là, nous n’avons qu’une vie. Que voulez-vous en faire? Qu’est-ce qui est le plus important pour vous? Ce ne sont pas des questions pour lesquelles nous avons généralement des réponses. Nous n’avons pas pris le temps pour cela. Pourtant, ne sont-elles pas fondamentales? Quand je « n’avais pas le temps » d’écrire sur ce blog, j’ai malgré tout pris le temps de mettre à jour mon questionnaire des valeurs et d’ajouter des explications pour vous aider à trouver des réponses à ces questions. Il est disponible ici, si vous voulez prendre ce temps pour vous après avoir pris le temps de lire cette longue prose (et je vous en remercie).  ]]>

Anorexie et troubles alimentaires: un problème de miroir?

Références: Statistiques Canada: troubles des conduites alimentaires: http://www.statcan.gc.ca/pub/82-619-m/2012004/sections/sectiond-fra.htm Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale: http://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/anorexie Simon Y. (2007) « Épidémiologie et facteurs de risque psychosociaux dans l’anorexie mentale », in Nutrition clinique et métabolisme 21, pp 137–142 (disponible sur le site du centre Le domaine: http://www.domaine-ulb.be/documents/programmeanorexieboulimie/articles-scientifiques/epidemiologie-facteurs-psychosociaux.pdf) Franko DL, Keel PK, Dorer DJ, Blais MA, Delinsky SS, Eddy KT, Charat V, Renn R, Herzog DB. (2004) « What predicts suicide attempts in women with eating disorders? », Psychological Medicine ; 34:843-853. Fichter MM, Quadflieg N, Hedlund S. (2006) Twelve-year course and outcome predictors of anorexia nervosa. International Journal of Eating Disorders; 39(2):87-100. McCabe, M., & Ricciardelli, L. (2001). Parent, peer and media influences on body image and strategies to both increase and decrease body size among adolescent boys and girls. Adolescence36(142), 225-240. (disponible sur http://dro.deakin.edu.au/eserv/DU:30001199/mccabe-parentpeer-2001.pdf) OMS: « Suicide rates per 100,000 by country, year and sex (Table) » disponible sur http://www.who.int/mental_health/prevention/suicide_rates/en/index.html   Centre de prévention du suicide: http://www.preventionsuicide.be/view/fr/leSuicide/Tousconcernes/chiffres.html]]>

La dépression, pour ceux qui ne la comprennent pas!

Comment est-il possible de se laisser aller ainsi? Pourquoi peut-il trouver l’énergie d’aller se balader mais pas de travailler? Qu’est-ce qui ne va pas chez elle, elle n’est pas malade pourtant? Comment peut-on avoir envie d’en finir avec la vie alors qu’on a des enfants que l’on aime? Ces questions vous vous les posez peut-être si vous avez une personne dépressive ou en « Burn-out » dans votre entourage. Hors, l’Organisation Mondiale de la Santé estime que la dépression affecte environ 350 million de personnes dans le monde, soit une personne sur 20. A l’échelle d’une classe d’école, un enfant du groupe est dépressif (symptômes persistants depuis plus de 6 mois).  Plus inquiétant, selon une enquête de l‘ANADEP en France (2005), 17,8% des personnes interrogées on vécu un épisode dépressif majeur (une période d’humeur triste ou de perte d’intérêt pratiquement toute la journée et presque chaque jour pendant au moins deux semaines) au cours de leur vie. Une personne sur 6 donc! Il est donc plus que probable que vous connaissiez une ou des personnes dépressives ou qui l’aient été dans le passé. On peut de plus en plus précisément expliquer le processus qui mène à la dépression et au Burn-out mais se limiter à cela, c’est comme vous donner la formule chimique du chocolat, ça ne vous en donne pas la saveur. Hors, c’est sa saveur qui nous intéresse. Cependant, autant je peux partager facilement avec vous un morceau de chocolat (ce qui ne vous donnera toujours pas, malgré tout, la connaissance de l’expérience subjective que j’ai, moi, en mangeant ce même morceau de chocolat) autant personne ne peut réellement partager sa dépression avec vous. C’est d’autant plus vrai que l’on rentre dans le domaine de l’indicible, de ces états que l’on ne comprend pas soi-même, sur lesquels on a beaucoup de difficultés à mettre des mots. Comment faire comprendre aux autres ce qui se passe en nous? On peut déjà se demander si cela aide et si cela est nécessaire. Peut-être pas, du moins pas directement. Mais, lorsqu’on est dépressif (au sens médical du terme) ou même dans un état dépressif (épisode transitoire de moins de 6 mois), on peut être confronté à l’incompréhension de son entourage, et cela n’aide pas vraiment. D’autant plus qu’il n’y a pas qu’une forme de dépression et que tout le monde ne vit pas un épisode dépressif de la même façon: l’intensité n’est pas la même, le vécu n’est pas le même, les ressources ne sont pas les mêmes. L’exercice auquel je vais me livrer ici est de vous mettre en contact avec ces petits épisodes dépressifs que la majorité des gens ont déjà expérimentés et qu’on a tendance à mettre de côté, à oublier (bien que la peur de les voir revenir puisse nous hanter de temps en temps). Je vais faire appels à vos souvenirs et à votre imagination. Cela ne vous donnera qu’un avant-goût de ce que peut être une pensée dépressive. Vous n’aurez plus qu’à imaginer cela en augmentant l’intensité, la durée, l’épuisement. Imaginez que vous êtes dans votre lit. Votre réveil sonne. Ce bruit vous irrite un peu. Vous êtes bien au chaud, encore engourdi. Vous avez du mal à ouvrir les yeux. Vous entendez les bruits des personnes qui vivent avec vous s’activant pour préparer le petit-déjeuner, se laver ou s’habiller. Vous aimeriez ouvrir les paupières mais vous ne trouvez  pas l’énergie. La lumière qui filtre à travers ce voile de chair est déjà difficile à supporter. Vous imaginez tous les efforts que vous devez réaliser pour vous sortir de ce lit, toute l’énergie que cela demande. Vous êtes bien au chaud, recroquevillé dans votre lit, pourquoi en sortir? Quelle raison peut justifier de se lever, de faire tous ces efforts pour finalement devoir faire face à cette société agressive à laquelle vous ne parvenez pas à donner du sens. Vous n’avez plus l’énergie. Bouger est une épreuve. Vous entendez que l’on parle de vous: « Pourquoi ne vous levez-vous pas? ». Vous aimeriez vous lever, mais malgré tout l’amour que vous avez pour vos proches, vous n’y arrivez pas, du moins, pas aujourd’hui. Vous vous en voulez d’ailleurs pour cela. Que penses-t’il de vous?  Quel exemple donnez-vous? Vous pensez probablement que vous êtes un poids pour eux. Des souvenirs de moments désagréables, durant lesquels vous avez blessé des personnes que vous aimez ou durant lesquels vous avez été blessé vous reviennent à ce moment là. Que la vie est dure, que la vie est triste, pensez-vous. « Peut-être seraient-ils mieux sans moi. » « Au moins je ne blesserais plus personne », « Au moins je n’aurais plus à souffrir de ces méchancetés, de mon incompétence, de mon inadaptation à ce monde ». Vous avez du mal à vous souvenir de la dernière fois où vous avez vraiment été heureux. Vous avez-même du mal à vous rappeler la dernière fois que vous avez ressenti un réel plaisir. Cette torture dure et semble ne pas s’arrêter. Les pensées s’entrechoquent dans votre tête, trop de mots, trop de sensations, trop de douleurs! Sans très bien savoir comment, vous arrivez à vous extirper de votre lit. Les lieux sont vide, tout le monde est parti. Vous prenez le premier truc à mangez que vous trouvez et vous vous mettez devant la télévision. Votre cerveau se met en veille pendant que vous regardez une série. Plus de problème à résoudre, plus d’équation impossible, plus de boucle infinie qui vous ramène systématiquement à votre misère comme Bill Muray dans « Le jour de la marmotte » (Groundhog day). Est-ce que cela vous parle? Pouvez-vous vous mettre en contact avec vos émotions en lisant cela, en vous imaginant à la place de cette personne? Oui? Bravo, vous venez d’effleurer la dépression du bout du doigt!      ]]>

L'apprentissage de la pleine conscience en un poème

Autobiography in 5 acts« . Il résume très bien, à mon sens, l’apprentissage de la pleine conscience. Chapitre 1

Je marche dans la rue Il y a un grand trou dans le trottoir Je tombe dedans Je suis perdue, impuissante Ce n’est pas ma faute Il me faut une éternité pour en sortir

Chapitre 2

Je marche dans la même rue Il y a un grand trou dans le trottoir Je fais semblant de ne pas le voir Je retombe dedans Je n’arrive pas à croire que je suis au même endroit Mais ce n’est pas ma faute Il me faut encore longtemps pour en sortir

Chapitre 3

Je marche dans la même rue Il y a un grand trou dans le trottoir Je le vois bien Je tombe quand même dedans…c’est une habitude J’ai les yeux ouverts Je sais où je suis C’est ma faute J’en sors immédiatement

Chapitre 4

Je marche dans la même rue Il y a un grand trou dans le trottoir J’en fais le tour

Chapitre 5

Je prends une autre rue

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L'originalité ne paie pas toujours…

toutes les familles heureuses se ressembles mais chaque famille malheureuse l’est de sa propre manière« . Parfois il ne faut pas chercher de midi à 14h sa propre recette du bonheur, s’inspirer de celle des autres peut être une bonne idée bien plus efficace. C’est ce à quoi se consacrent les chercheurs en psychologie positive (ou du bonheur): identifier ce qui rend les gens heureux. La naissance de la méditation de pleine conscience à suivi le même chemin en s’inspirant des pratiques ancestrales de méditation de personnes, de cultures qui sont globalement en meilleure santé mentale que l’occidental moyen. Donc, vous pouvez chercher à être malheureux de votre propre manière si vous le désirez mais ce sera plus rentable de vous inspirer de l’expérience des gens heureux et de la faire vôtre, de vous l’approprier. Un petit truc pour commencer? La gratitude envers les autres et envers la vie. Prendre conscience de toutes les bonnes choses qui nous arrivent et de pourquoi elles arrivent. D’ailleurs, merci de me lire :-)]]>

Groupes de gestion des émotions pour enfants (gratuit)

http://www.cps-emotions.be) de l’Université Catholique de Louvain organisent des groupes de gestion des émotions pour les jeunes. Dans le cadre d’une étude, les groupes de septembre seront proposés gratuitement. L’étude s’adresse aux 9-19 ans. Les jeunes seront regroupés par âge, et seront répartis au hasard dans un groupe de gestion des émotions par la pleine conscience ou dans un groupe de gestion des émotions par la relaxation. Calendrier : Les ateliers comprennent 9 séances hebdomadaires de 1h30 le samedi ou le mercredi, entre le 25 septembre et le 30 novembre 2013. Une rencontre individuelle avec l’animateur est prévue avant et après l’atelier de groupe. Prix : GRATUIT ! Ces ateliers nous permettront de réfléchir aux spécificités de chaque méthode. Ils vous sont donc proposés gratuitement, grâce au soutien de la fondation Huoshen. Lieu : Faculté de Psychologie, Rue Paulin Ladeuze, 13 à 1348 Louvain-La- Neuve (Belgique) Renseignements et inscriptions auprès de Sandrine Deplus, Dr en Psychologie, Psychothérapeute : sandrine.deplus@skynet.be.]]>

Les librairies d'expressions faciales d'émotions

NimStim du « Research Network on Early Experience and Brain Development » reprend 646 photographies de personnes adultes de races et de genre différent exprimant les 7 émotions de base (selon Ekman). Les clichés sont disponibles sur demande par email. Le NIMH-chEFS (National Institute of Mental Health – Child Emotional Faces Picture Set) de la Duke University reprend unensemble de photographies hautes résoltions en couleur d’enfant de 10 à 17 ans exprimant la peur, la colère, la joie, la tristesse et une expression neutre. Le tout téléchargeable gratuitement (pour utilisation pour la recherche uniquement) sur leur site. Le JACFEE (Japanase and Caucasian Facial Expression of Emotion) est disponible sur le site de Humintell (qui fournit aussi des entraînements en ligne à la reconnaissance des expressions faciales des émotions) mais pour le modeste prix de 95$.]]>

Et j'ai choisi de vivre l'instant présent…

Le jour où j’ai cessé de dire ‘dépêche-toi‘ ». Ce billet, qui a fait très rapidement le tour des réseaux sociaux, relate l’expérience personnelle de cette professeure d’éducation spécialisée, mère de deux enfants, qui, comme la grande majorité d’entre-nous, courait sans arrêt pour être à l’heure à tous ses rendez-vous et pour, comme elle le dit elle-même, « cocher quelque chose de notre to do list (choses à faire)« . C’est la découverte de l’effet de son comportement sur ses enfants qui lui fit prendre conscience de l’impact négatif, en tout cas par rapport à ses propres valeurs, de ce rythme de vie. En 1973, John Darley et Daniel Batson de l’université de Princeton publiaient un article intitulé « From Jerusalem to Jericho » dans lequel ils relatent une étude sur l’expression des valeurs altruistes chez des séminaristes à qui l’on demande, dans une des conditions, de préparer un sermon sur base de la parabole du « bon samaritain ». L’expérience montra que une simple contrainte de temps pouvait affecter l’expression des valeurs altruistes, même chez des séminaristes (dont on peut supposer qu’ils sont encore plus enclin à aider les autres, bien que ce ne soit peut-être qu’un stéréotype) qui venaient d’être « amorcés » sur le sujet de l’aide à la personne en difficulté. Croisant sur leur chemin une personne en difficulté, gisant par terre, 63% des séminaristes à qui une légère contrainte de temps avait été imposée s’arrêtèrent pour venir en aide au malheureux (un complice, bien sûr). Si un niveau intermédiaire de contrainte de temps était suggéré, ce chiffre diminuait à 45% soit près de 20% de moins. Encore plus impressionnant, ce chiffre tombe à 10% pour les séminaristes à qui une forte contrainte de temps (dépêchez-vous, vous êtes en retard) était suggérée. En résumé, on peut supposer que quand nous courons dans tous les sens pour rattraper le temps, comme le lapin d’Alice au pays des merveilles, nous sommes 6 fois moins susceptible de montrer un comportement altruiste, en accord avec nos valeurs, que quand nous prenons le temps de vivre. Quand nous courons dans tous les sens, non seulement nous ne prenons pas le temps de vivre (de profiter de notre vie) mais en plus, nous ne sommes pas (ou nous ne devenons pas) la personne que nous voulons être. C’est probablement un des facteurs qui explique que les personnes qui pratiquent la méditation deviennent plus emphatiques (elles prennent le temps de faire attention aux autres?) Un autre fait marquant de cette histoire est qu’il semble que nous faisons nettement plus attention à l’expression de nos valeurs lorsqu’il s’agit de nos enfants que de nous même. Lorsque je demande à mes patients quelles sont leurs valeurs, la question provoque fréquemment une moue dubitative. Si je leur demande s’ils donneraient du « fast food » à leur enfant tous les jours (si ils ou elles ont un ou des enfants), la réponse sort immédiatement: « Non, bien sûr ». Manger sainement est donc clairement une valeur (reste à déterminer quelle est sa « priorité). Pourtant, fréquemment, ces mêmes personnes mangent un sandwich « sur le pouce » le midi et ne prennent pas le temps de petit-déjeuner à leur aise le matin. Nos enfants apprennent plus de nos comportements que de nos conseils et commandements. Fais ce que je dis, pas ce que je fais, n’est clairement pas la meilleure façon  de leur transmettre nos valeurs. C’est plutôt l’adage « tu dois être le changement que tu veux voir dans le monde » qui devrait nous guider. Ceci me mène aussi à cette question: « Si nous sommes dans ce cas, qu’avons nous fait de mal pour ne pas mériter suffisamment notre propre compassion et prendre le temps de vivre en accord avec nos propres valeurs? » (et quel message transmettons-nous à nos enfants, en ne prenant pas soin de nous-même?). Et vous, si ce n’est déjà fait, qu’est-ce qui vous déciderais enfin à choisir de vivre l’instant présent? Si c’est déjà le cas, qu’est-ce qui vous à fait changer?   Lien vers l’étude de Darley & Batson (1973): http://web.missouri.edu/~segerti/1000/DarleyBateson.pdf]]>

L'argent (bien dépensé) peut rendre heureux

http://trends.levif.be/economie/actualite/people/bill-gates-augmente-sa-fortune-et-reste-l-homme-le-plus-riche-des-etats-unis/article-4000180067440.htm   Ceci n’est pas vraiment surprenant. On peut en effet imaginer que le fait de dépenser cette grande quantité d’argent contribue à donner un sens , une raison, qui plus est altruiste, à la vie (ou du moins une partie) de ces richissimes hommes d’affaire. Hors, l’altruisme reste une valeur sûre du bonheur, faire du bien aux autres, c’est aussi se faire du bien.]]>