Archives de l’auteur : Emmanuel Nicaise

Master en psychologie clinique et psychopathologie de l'Université Libre de Bruxelles (ULB). Psychologue clinicien agréé par l'INAMI et la commission des psychologues. Psychothérapie brève et thérapies cognitivo-comportementales. Travaille avec enfants, adolescents et adultes. Doctorant en psychologie à l'ULB. Sujets d'intérêts: psychologie de la cyber sécurité, vigilance, confiance, haut-potentiel intellectuel, influence des nouvelles technologies sur le développement des enfants, psychologie des émotions, psychologie du risque.

Le poids du stress

http://sylviaperreault.com/le-verre-deau/):

« Une psychologue marchait vers le podium tout en enseignant la gestion du stress à une audience avertie. Comme elle a soulevé un verre d ’eau, tout le monde s ’attendait à question du « verre à moitié vide ou à moitié plein ». Au lieu de cela, avec un sourire sur son visage, elle demanda: «Combien pèse ce verre d ’eau? »

Les réponses entendues variaient de 8 onces à 20 onces

Elle a répondu: «Le poids absolu n ’a pas d ’importance. Cela dépend de combien de temps je le tiens. Si je le tiens pendant une minute, ce n ’est pas un problème. Si je le tiens pendant une heure, j ’aurai une douleur dans mon bras. Si je le tiens pendant une journée entière, mon bras se sentira engourdi et paralysé. Dans chaque cas, le poids du verre ne change pas, mais plus longtemps je le tiens, le plus lourd, il devient. » Elle a poursuivi: «Le stress et les inquiétudes dans la vie sont comme ce verre d ’eau.

Pensez-y pendant un moment et rien ne se passe. Pensez-y un peu plus longtemps et ils commencent à faire mal. Et si vous y pensez toute la journée, vous vous sentez paralysés – incapable de faire quoi que ce soit ».

Penser à déposer le verre.  »

-Auteur inconnu

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Pourquoi la France n'a (quasiment) pas de TDAH?

1ère partie & partie 2). Elle s’interroge sur la différence très notable du nombre d’enfants diagnostiqués avec un trouble déficitaire de l’attention / Hyperkinésie (ADHD en Anglais): 9% aux USA et 0,5% en France. Elle nous rappelle plusieurs choses qui semble souvent être minimisées dans les discussion sur cette condition (j’ai du mal à l’appeler maladie). D’abord, aucune cause neurologique ou physiologique n’a pu être clairement identifiée quant à cette condition (il y a des corrélats biologiques mais on ne prouve pas la cause pour autant). Le discours des sociétés pharmaceutiques pour justifier de l’existence d’une condition physiologique est même parfois plutôt mince: si je lui donne de la Rilatine (une forme d’amphétamine, moins puissante que la cocaïne mais qui en partage les effets – voir aussi cet article du vif sur l’explosion de la consommation de Rilatine) et qu’il va mieux, c’est qu’il y avait un problème physiologique à la base. Argument fallacieux s’il en est, sachant que n’importe qui consommant des amphétamines va améliorer sa capacité de concentration. Autre rappel dans l’article de Wedge, la différence de définition et de conception de la condition. Les américains ont une définition large et d’origine biologique qui peut pathologiser n’importe quel comportement enfantin (énergie débordante, attention diffuse, etc.) alors que les français le considère comme le résultat d’une situation psycho-sociale (conception systémique) et la « traite » avec des psychothérapies et du coaching parental. On retrouve encore ici une belle application du constructivisme: le diagnostic crée les conditions de réalisation des attentes du médecin (enfin, ici, j’ai plus envie de voir les attentes des sociétés pharmaceutiques qui bénéficient largement des largesses de ce « diagnostique » . D’autant plus que dans les conditions de vie actuelle en Europe et encore plus aux USA, on peut imaginer la difficulté que peuvent avoir certains parents à canaliser l’énergie de leur enfant dans le métro-boulot-dodo infernal que leur impose notre société. La solution sous forme d’une pilule qui ne remet pas en cause certains de nos principes sociétaux, éducatifs et familiaux est probablement plus facile à accepter qu’une explication, forcément complexe, des effets de l’interaction entre l’environnement et l’enfant, d’autant plus si elle provient d’un pédo-psychiatre ou d’un neurologue. Qui sommes-nous pour contester ce diagnostique? Et voilà aussi Rosenthal qui pointe le bout de son né (au passage, une très belle note de synthèse sur l’effet pygmalion – autre nom de l’effet Rosenthal & jacobson – sur les élèves et les enseignants): L’enfant est diagnostiqué « TDAH » (j’ai envie d’écrire étiqueté) et son environnement s’adapte pour renforcer cette prophétie auto-réalisatrice. Comme l’écrit Wedge, le diagnostique n’aide pas. On se demande pourquoi? Est-ce pour autant dire qu’il n’y a pas de personnes souffrant de TDAH. Ce n’est pas ce que je prétend mais n’oublions pas que notre concept de la pathologie est fortement lié à celui de la normalité qui est lui même étroitement lié au concept statistique de distribution normalisée d’une condition. En ce qui concerne le TDAH, la frontière entre le normal et le pathologique est donc subjective et arbitraire. Elle dépend des critères d’inclusions, comme nous l’avons vu précédemment. Il y a donc très certainement des personnes qui présentent plus de difficultés que d’autres à se concentrer et qui ont aussi plus d’énergie à canaliser que d’autres. Est-ce pour autant une justification à une médication? D’autant plus que les causes de ces difficultés peuvent être multiples et variées (fatigue, troubles de l’humeur, mauvaise alimentation, estime de soi insuffisante, etc.). De plus, d’autres solution existent (et qui ne présentent pas le risque d’une augmentation des accidents cardiaques chez les patients, comme c’est le cas du traitement aux amphétamines). Des entraînements par la méditation (qui est finalement un entraînement à la concentration) semblent (mais il faut encore un peu de recherche là dessus) pouvoir apporter une solution bien plus « écologique » à ce problème.]]>

Plaidoyer pour une politique adogmatique de la santé mentale

de n’accorder – en Belgique – le titre de psychothérapeute qu’aux professionnels disposant d’un titre universitaire en psychologie (licence/master) ou psychiatrie (PhD) et ayant complété ce cursus par une formation reconnue en psychothérapie d’au minimum 3 ans. Toute autre formation initiale et/ou complémentaire ne doit ouvrir l’accès au titre de psychothérapeute« . Je suis étonné qu’ils ne demandent pas de limiter cela aux psychologues clinicien car il y a aussi des demandes allant dans ce sens (sinon, à quoi cela servirait-il de faire psychologie clinique? Etudier la psychologie d’entreprise nous forme nécessairement autant à la pratique de la psychothérapie que l’étude des psychopathologies, cela semble évident :o/ ). Analysons cette demande: Le titre de psychothérapeute ne devrait être décerné qu’aux psychologues et aux psychiatres (Les psychiatres s’en moquent, ils sont médecins, reconnus et largement remboursés, cela n’intéresse donc que des psychologues mais mentionner les psychiatres est probablement politiquement plus correct). Donc, en gros, il faut être psychologues (des organisations, psychologue social, neuropsychologue ou psychologue clinicien, vu que tout semble se valoir) pour être psychothérapeute. Soit! Quand on voit la diversité du programme de cours des psychologues cliniciens par rapport aux psychologues industriel, on peut néanmoins se demander en quoi un philosophe des sciences ou un medecin généraliste peuvent etre handicapes au point de ne pas pouvoir exercer le noble art de la psychothérapie? Quel cours peuvent donc bien lui manquer qu’on ne puisse rattraper après? cela suppose donc aussi que toutes les autres catégories de personnes qui exercent actuellement l’art de la thérapie ne sont pas aptes à exercer. Mais sur quoi se base cette prémisse? Peu d’études ont été réalisée sur le sujet et les résultats de celles que j’ai lues n’étaient pas franchement très significatifs, sans parler de certains biais méthodologiques. En gros, les résultats semblent identiques, les psychologues et les psychiatres feraient moins empirer la situation quand elle ne s’améliore pas. Mais passons sur ce point de détail comme certains aimeront l’appeler. En plus du diplôme universitaire en psychologie, le psychothérapeute doit avoir suivi une formation reconnue (par qui, sur base de quels critères? Mystère!) de 3 ans minimum. On suppose donc que c’est la durée minimale nécessaire pour être apte. Là aussi, aucun fait ne vient valider cette demande si ce n’est que la majorité des formations plébiscitée pas les universités et les associations professionnelles de psychologues et psychothérapeutes durent trois ans (avec un nombre d’heures de pratique variable et des enseignements tout aussi variables). Cela correspond aussi aux critères de l’association européenne de psychothérapie mais qui n’a pas été retenu par la France qui est le seul pays à avoir légiférer en la matière en Europe. Notez au passage qu’il y a un véritable microcosme économique qui gravite autour de cette problématique des formations. En effet, elle donnent du travail et une certaine notoriété à un certains nombres de membres de ces associations qui peuvent agir comme référents ou superviseurs, nouvelle version d’une pratique pyramidale qui est assez mal vue dans d’autres contextes. Ne vous méprenez, je ne dis pas que la supervision est inutile ni que ces personnes sont incompétentes, loin de moi cette idée, c’est juste que l’organisation de cette pratique dans un cadre aussi strict et favorisant certaines personnes me semble discutable. D’autant plus que je n’ai pas encore lu d’études sur les effets de la supervision sur la compétence ou l’efficience du thérapeute ni même de comparaison entre supervision et intervision ou encore moins sur les qualités nécessaires a un superviseur pour être « efficient ». Notez aussi que certaines de ces formations reconnues (certaines se targuent de l’être, on ne sait toujours pas par qui ni comment mais un lobby est déjà clairement bien en place) enseignent des pratiques thérapeutiques qui sont parfois discutables voire clairement identifiées comme des pratiques sectaires (mais c’est clairement un autre débat, bien que connexe à celui-ci). Ce qui me dérange encore plus, c’est que ces formations « reconnues » sont toutes orientées selon une des quatre « principales » orientation thérapeutiques (Psychanalytique/psychodynamique, systémique, cognitivo-comportementaliste et phénoménologique/centrée sur la personne) alors que les études sur l’efficacité des thérapies semblent indiquer clairement qu’un mélange de ces approches est préférable et que surtout, le modèle thérapeutique ne serait responsable que de 10 à 15% de l’effet de la psychothérapie. Les 85 à 90% de l’efficacité étant imputable à la qualité de la relation entre le patient et le thérapeute ainsi qu’aux attentes du patient, à son environnement, etc. Hors, la qualité de la relation dépend de nombreux paramètres dont la capacité du thérapeute à être présent dans la relation, à écouter, etc. Ce sont des qualités qui sont développées aussi lors des formations en psychothérapie mais qui n’en sont pas, en général, l’une des composantes principales. Est-ce que ces qualités ne peuvent pas être présente chez un médecin généraliste, un(e) infirmier(ère), un assistant social, un assistant en psychologie ou un philosophe? De plus, certains modèles psychothérapeutiques dont l’efficacité est validée empiriquement (je pense à l’ACT notamment) semble être facilement « utilisable » par le commun des mortels et ne pas nécessiter que le thérapeute ai suivi 7 ans d’études pour fonctionner. Je pense aussi aux thérapies basée sur la pleine conscience, dont l’efficacité est aussi largement validée empiriquement, et qui demandent plus un travail sur soi-même et une pratique régulière du patient et du thérapeute qu’une longue formation formelle. Et quid de l’hypnose et des thérapies brèves (qui ne rentrent pas dans les 4 orientations principales). Et re-quid de ces psychologues cliniciens et psychanalystes qui pratique la psychanalyse avec des enfants autistes alors que ce n’est clairement pas le choix le plus approprié? Et quid des « experts » en psychiatrie et en psychologie qui n’arrivent pas à se mettre d’accord et qui nous rappellent que la psychologie n’est pas une science exacte et qu’il n’y a pas vraiment un consensus sur la notions même de psychopathologie, de maladie mentale et donc, de là, de santé mentale. Et qu’en est-il de ces psychologues formés dans les écoles reconnues mais qui pratiquent aussi des approches épinglées comme sectaires ou tout au moins, non conventionnelles? Et qu’en est-il de l’ethnopsychiatrie ou de l’ethnopsychologie qui ne rentrent pas dans ces moules mais qui sont pourtant tout aussi efficaces? Je n’ai pas l’impression que le débat est juste. Comme je l’ai déjà écrit à maintes reprises, il faudrait inclure des philosophes, des scientifiques « dur » qui nous rappelleraient que ce sur quoi nous travaillons en psychologie ne sont pas des mesures mais bien des indicateurs (la plupart du temps du moins, mais là aussi, c’est un autre débat), des sociologues et des ethnologues. Il me semble que ce qui se profile à l’horizon ne va pas mieux protéger le patient mais juste s’attaquer à un problème économique. Donc, non, je ne signerai pas la pétition qui formule des exigences non fondées même si elle me protégerait éventuellement d’une concurrence forte des psychothérapeutes non-psychologue et non-formés, simplement parce que ce n’est pas juste.]]>

Psychothérapies et dérives sectaires

http://www.miviludes.gouv.fr/), le rapport rappelle le lien étroit entre les sectes et les pratiques thérapeutiques. Chaque secte propose d’une façon ou d’une autre une approche nouvelle de la santé, physique et/ou mentale. Sans s’attarder sur l’analyse des pratiques sectaires, épinglons les réserves (et parfois, c’est bien plus que cela) émisent par la commission au sujet de certaines pratiques telles que l’iridiologie, la kinésiologie spécialisée, la dianétique (fleuron de l’église de scientologie), l’ondobiologie, la biochirurgie immatérielle, la drainolymphologie, le décodage biologique,la biorésonnace, la Reconnexion (R) (notez le trademark), la naturopathie, comme la phytothérapie, l’aromathérapie et les fleurs de Bach ou le Reiki. La liste est malheureusement encore longue. Le rapport est édifiant et mérite d’être lu. Vous trouverez le rapport du sénat au format PDF à l’adresse http://www.senat.fr/rap/r12-480-1/r12-480-11.pdf Celui de la Miviludes est disponible sur leur site http://www.miviludes.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/guide_sante_complet.pdf]]>

Livres sur la méditation

Le miracle de la pleine conscience de Thich Nhat Hanh est un petit guide pratique vous expliquant ce qu’est la médiation et comment cela se traduit au jour le jour. Broché: 114 pages Editeur : J’ai lu (20 octobre 2008) Collection : J’ai lu Aventure secrète Langue : Français ISBN-10: 229001107X Méditer pour ne plus déprimer : La pleine conscience, une méthode pour vivre mieux de Mark Williams, John Teasdale, Zindel Segal et Jon Kabat-Zinn donne dans un premier temps une explication des mécanismes qui sont en jeu dans la dépression et, dans un second temps, explique les exercices, donne des exemples de situations vécues, reprend le contenu du programme MBSR de 8 semaines en référant les différents chapitres pertinent. Un CD audio avec des exercices de méditation guidée auquel Christophe André prête sa voix est joint au livre et pourra être un compagnon très agréable de vos premières méditations. Broché: 328 pages Editeur : Odile Jacob (30 septembre 2009) Collection : PSYCHOLOGIE Langue : Français ISBN-10: 2738124585 Et enfin l’excellent livre d’Eline Snel « Calme et attentif comme une grenouille : La méditation pour les enfants… avec leurs parents » qui explique très bien, très simplement ce qu’est la pleine conscience et donne quelques exercice très simple, à pratiquer au quotidien, avec vos enfants aussi, pour être plus… calme et attentif. Là aussi, un CD de méditation gudiée (pour les enfants… et les parents) avec la voix fluette de Sara Giraudeau vous accompagnera dans vos premiers pas. Broché: 132 pages Editeur : ARENES EDITIONS (15 mars 2012) Collection : PSYCHOLOGIE Langue : Français ISBN-10: 2352041910]]>

Le chemin, c'est la vie

Ne demande jamais ton chemin à celui qui sait. Tu pourrais ne pas te perdre ! » de Simone Bernard-Dupré dans Mélopée africaines « Atteindre son but, c’est rater tout le reste » (Je cherche encore ou j’ai lu celle là) A méditer donc.]]>

"Hackers", histoire d'enfants à hauts-potentiels?

« The Hacker Manifesto »), un petit texte écrit par Loyd Blankenship, un des premiers Hacker célèbre, juste après qu’il fut arrêté en 1986. Ce texte fut publié dans Phrack, un magazine électronique de et pour les Hackers et est depuis considéré comme la ligne de conduite à suivre pour certains Hacker qui se reconnaissent dans ce texte. A la lecture de celui-ci, je ne peux m’empêcher d’y voir l’histoire et le discours d’enfants à hauts-potentiels. Voici une traduction française fournie par Abraxasz sur le Site du Zéro:

Un autre s’est fait avoir aujourd’hui, ils en parlent dans tous les journaux. « Arrestation d’un adolescent dans une affaire de Cyber Criminalité », « Hacker arrêté pour fraude bancaire ».

Saleté de gosses. Tous les mêmes.

Mais avez vous au moins essayé de laisser de côté vos psychologie coincée et vos technocervelle des années 50, et de regarder le monde à travers les yeux d’un hacker? Vous êtes-vous déjà demandé ce qui le motivait, quelles étaient les forces qui l’avaient forgé, ce qui l’avait façonné?

Je suis un Hacker, entrez dans mon monde.

Mon monde commence à l’école… Je suis plus intelligent que la plupart des autres gamins, ces conneries qu’ils nous enseignent m’ennuient profondément.

Saleté de sous-doués. Tous les mêmes.

Je suis au collège ou au lycée. C’est la quinzième fois que le prof explique comment réduire une fraction. Ça fait un moment que j’ai compris. « Non, Mme Smith, je n’ai pas détaillé le raisonnement, je l’ai fait de tête… »

Saleté de gosse. Il a probablement copié. Tous les mêmes.

J’ai fait une découverte aujourd’hui. J’ai trouvé un ordinateur. Attend, mais c’est cool ce truc. Il fait exactement ce que je lui demande de faire. S’il fait une erreur, c’est parce que j’ai merdé. Pas parce qu’il ne m’aime pas… Pas parce qu’il a peur de moi… Pas parce qu’il pense que je suis un petit malin… Ni parce qu’il n’aime pas enseigner et qu’il devrait changer de métier…

Saleté de gosse. Il ne pense qu’à s’amuser. Tous les mêmes.

Et puis c’est arrivé… une porte c’est ouverte sur un monde nouveau… J’envoie un signal … il traverse les lignes téléphoniques comme de l’héroine dans les veine d’un drogué… je cherche un refuge contre la médiocrité de ce monde… et puis je trouve une planche de salut. « Ça y est… j’ai trouvé ma place… » Ici, je connais tout le monde… même si je ne les ai jamais rencontré, ne leur ai jamais parlé, et n’entendrai peut-être jamais plus parler d’eux… Je vous connais tous.

Saleté de gosse. Encore en train de préparer un mauvais coup. Tous les mêmes…

Évidemment qu’on est tous les mêmes, abruti… à l’école, vous nous donniez le biberon alors que nous vous réclamions de la chair… les rares bouts de viande que vous avez daigné nous donner étaient prémachés et fades. Nous avons été tour à tour dominés par des sadiques, ou ignorés par des mollassons. Les rares personnes qui avaient réellement quelque chose à enseigner on tous trouvé en nous des élèves motivés, mais ce sont comme des gouttes d’eau dans le désert.

A présent, ce monde est le notre… le monde de l’électron et du switch, la beauté du Baud. Nous utilisons sans payer un service qui devrait valoir que dalle s’il n’était contrôlé par des compagnies avares de profits, et vous nous traitez de criminels… Nous explorons… et vous nous traitez de criminels. Nous recherchons la connaissance… et vous nous traitez de criminels. Nous existons sans distinction de couleur de peau, sans nationalité, sans dogmatisme religieux… et vous nous traitez de criminels. Vous construisez des bombes atomiques, vous financez des guerres, vous assassinez, vous trichez, vous nous mentez et essayez de nous faire croire que c’est pour notre bien, mais c’est nous les criminels…

Oui, je suis un criminel. Mon crime c’est d’être curieux. Mon crime c’est de juger les gens d’après ce qu’ils disent et pensent, au lieu de m’arrêter aux apparences. Mon crime c’est d’être plus intelligent que vous, et ça, vous ne me le pardonnerez jamais.

Je suis un Hacker, et ceci est mon manifeste. Vous pouvez attraper l’un d’entre nous, mais vous ne ne pourrez jamais tous nous arrêter… après tout, nous sommes tous les mêmes.

Peut-être que certains se reconnaîtrons eux-aussi dans ce texte (sans pour autant être ou vouloir devenir un pirate informatique) ou peut-être d’autres comprendront mieux une connaissance, un ami. Les Hackers, des zèbres comme les autres?]]>

Mens Sana in corpore sano

‘article sur Pyschomédia – l’échantillon était petit, l’expérience devrait être reproduite à plus grande échelle). Une étude menée par Alan Gow et ses collaborateurs de l’Université d’Edinburgh (publiée dans Neurology) indique que l’exercice physique est le meilleur garant de l’état de notre cerveau et de nos fonctions cognitives face aux effets du vieillissement (devant les relations sociales et l’exercice intellectuel). Kirk Ericksson et ses collaborateurs de l’Université de Pittsburgh ont montré l‘effet bénéfique de l’entrainement physique sur la mémoire et surtout ses effets bénéfiques pour lutter contre le vieillissement. La page du laboratoire d’étude sur le vieillissement du cerveau et la santé cognitive de l’université de Pittsburgh (Brain Aging & Cognitive Health Lab) reprend une série impressionnante d’articles scientifiques sur le sujet disponible pour la plupart en PDF. En résumé, faites du bien à votre corps, votre esprit s’en portera mieux.]]>

Entrainement à la reconnaissance des émotions (grâce aux expressions du visage)

« Emotions revealed: recognising facial expressions » de BMJ Careers – c’est en effet plus « subtile »). Vous vous demandez peut-être quel est l’intérêt de s’entraîner à cela? Finalement, nous sommes probablement déjà capable de reconnaître les émotions sur un visage. Ou peut-être sommes nous peu performant à cette tâche et il n’est pas possible de s’améliorer. Ou peut-être tout simplement, n’y a t’il pas de science ni de généralité en la matière. C’est Charles Darwin qui fut le premier à étudier l’expression des émotions chez l’animal et chez l’homme. Il consigna le résultat de ses recherches dans un livre devenu un classique, « De l’expression des émotions chez l’animal et l’homme » (Dont le contenu est disponible intégralement en ligne sur http://darwin-online.org.uk/ en Anglais ou une version en Français en livre de poche ), qu’il publia en 1872, 13 ans après « L’origine des espèces: Par le moyen de la sélection naturelle, ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie ». 100 ans plus tard, Paul Ekman identifie 6 émotions reconnue universellement:

  • La joie
  • La tristesse
  • La colère
  • La peur
  • Le dégoût
  • La surprise
Ces émotions ont chacune une expression faciale qui semble être reconnue universellement (Ekman a mené des études cross-culturelles assez concluantes bien que la règle semble avoir quelques rares exceptions). Plus tard, dans les années 1990, Ekman ajouta 9 autres émotions (dont des positives) mais qui n’ont pas toutes une modalité d’expression faciale spécifique: l’amusement, la satisfaction, le mépris, la gêne, l’excitation, la culpabilité, la fierté, le soulagement, le plaisir et la honte. Afin de pouvoir étudier scientifiquement les expressions faciales, Paul Ekman et Wallace Friesen inventent en 1978 un système de codification des expressions du visage se basant sur les muscles utilisé pour chaque expression, le FACS (Facial Action Coding System). Ce système, mis à jour en 2002, est toujours le système de référence utilisé de nos jours dans les études sur les expressions du visage. Plus tard, Ekman (encore lui) découvrit ce que l’on appelle désormais les micro-expressions, des expressions du visage, liées à une émotion que l’on essaie de cacher et qui n’apparaissent que pendant un très bref instant, de l’ordre du 30ème de seconde (à peine visible pour l’oeil humain). Ekman qui à voué une bonne partie de sa carrière à l’étude des émotions et de leurs expressions, s’est aussi intéressé de très près à la détection du mensonge par l’analyse du langage non-verbal (que ce soit les micro-expressions, la position du corps, le timbre de voix) ou le contenu verbal (choix des mots, type d’expressions, de récit, etc.). C’est d’ailleurs de l’histoire et des recherches de Paul Ekman que ce sont inspirés les scénaristes et producteurs de la série américaine « Lie to me« , dont Ekman fut le principal conseiller scientifique. Selon Matsumoto et & Hwang’s (in press – voir leur article sur le site de l’APA), le taux de reconnaissance moyen des émotions par un quidam non entraîné est de l’ordre de 48%, voire même de 35% si l’on ne tient pas compte de la joie et de la surprise qui sont les deux expressions les plus facilement reconnaissable (ce qui n’est pas absolument mon avis, la peur et la surprise étant assez proche en terme d’expression faciale, elles peuvent parfois être confondue). Après entrainement, ce chiffre peut facilement monter à 80, 90 voire 100%, y compris pour ce qui est des micro-expressions (furtives) et des expressions subtiles. Comme ils le font remarquer dans leur article publié sur le site de l’American Psychological Association  (2011), la capacité à décoder correctement les expressions du visage et les informations non-verbales en général est un facteur essentiel de la capacité à avoir des relations satisfaisantes avec son entourage, personnel ou professionnel (sans parler de l’amélioration de la capacité à détecter un mensonge). Plusieurs sociétés ou organisations proposent des formations, souvent en ligne ou par ordinateur, pour améliorer notre capacité à reconnaître les émotions exprimées par les expressions du visage:
  •  FaceTale de l’Université Catholique de Louvain (BE) et de l’Université d’Edinburg (UK): Reconnaissance des émotions et des micro-expressions (La joie, La tristesse, La colère, La peur, Le dégoût, La honte) par la pratique d’un test avec feedback . Français/Anglais. Gratuit. Logiciel sous Windows.
  • METT (Micro Expression Training Tool) du Paul Ekman Group.  Reconnaissance des micro-expressions et des émotions (La joie, La tristesse, La colère, La peur, Le dégoût, la surprise, le mépris) incluant une partie didactique expliquant les différences entre les différentes expressions. Certificat de réussite (80%) et de maîtrise (90%). Anglais. 20$(Normal) ou 69$ (advanced). En ligne, pas de limite de temps.
  • SETT (Subtle Expression Training Tool) du Paul Ekman Group.  Reconnaissance des micro-expressions et des émotions (La joie, La tristesse, La colère, La peur, Le dégoût, la surprise, le mépris) incluant une partie didactique expliquant les différences entre les différentes expressions. Anglais. 39$. En ligne, pas de limite de temps.
  • MiX (lite, original, Pro, 2, Elite or 3) de Humintell (Société fondée par David Matsumoto). Reconnaissance des micro-expressions et des émotions (La joie, La tristesse, La colère, La peur, Le dégoût, la surprise, le mépris) incluant une partie didactique expliquant les différences entre les différentes expressions et des visions de visage de côté (dans certaines options). Anglais. De 29 à 89$. En ligne, pendant un an.
  • SubX (lite, Novice, Pro & Elite) de Humintell (Société fondée par David Matsumoto). Reconnaissance des expressions subtiles et des émotions (La joie, La tristesse, La colère, La peur, Le dégoût, la surprise, le mépris). Anglais. De 29 à 99$. En ligne, pendant un an.
  • T.E.L.C. Micro-expression de Lynx Expert. Reconnaissance des micro-expressions et des émotions (La joie, La tristesse, La colère, La peur, Le dégoût, la surprise, le mépris). Français, Anglais et Espagnol. 39€
  • Getting Flirty par Globalemotion.com.  Reconnaissance des micro-expressions (La joie, La tristesse, La colère, La peur, Le dégoût, la surprise, le mépris) uniquement sur des visages féminins. Anglais. 3.99$. Sur iPhone ou iPad (IOS 3.2+) uniquement.
  • Spot de Fake Smile de la BBC. Test pour détecter les vrais sourires (dit de Duchenne) des faux (forcés). Anglais. Gratuit. En ligne (Flash).
Quelques références bibliographiques: ]]>

L'illusion et ses effets sur la réalité…

Conjuration Casanova« , je fut surpris de lire  la description d’une expérience visant à mesurer l’effet d’un entrainement par imagination de mouvement sur le développement musculaire (du pouce, dans le livre). Sachant que les auteurs ont généralement l’habitude de se baser sur des faits réels, je me suis mis à la recherche d’articles scientifiques sur le sujet. A ma grande surprise, j’ai trouvé quelques articles relatant cette expérience ainsi que d’autres sur le même principe mais visant d’autres muscles (Page, Levine & Khoury, 2009;Sidaway & Trzaska, 2005; Yue & Cole, 1992 et bien d’autres). S’imaginer faire un mouvement (sans le faire) de manière répétitive, comme lors d’un entrainement physique, amène donc une augmentation de la force et de la précision du mouvement de ce muscle (voire même de sa masse). Cette augmentation pourrait être dûe à un entrainement du système nerveux qui mènerait à une meilleure utilisation des fibres musculaires. En effet, l’action d’imaginer un mouvement utilise une bonne partie du système nerveux utilisé pour effectuer réellement ce mouvement. Vous êtes peut-être en train de vous demander ce que ces recherches en physiologie peuvent avoir comme lien avec le mieux être psychologique (pour les personnes souffrant d’une blessure physique et en incapacitée temporaire, ces découvertes leur sont/seront probablement fort utile pour la rééducation). Si l’on fait le lien avec des expériences classique de psychologie sociale sur la rétroaction faciale (Strack, Martin & Strepper,1988; McIntosch, 1996) ou la rétroaction posturale (Riskind & Gotay ,1982) ou plus récemment l’influence de la respiration sur la perception des émotions (Philippot, Chapelle, Blairy, 2002), qui nous rappelle le lien intime entre le corps et l’esprit lorsque l’on parle d’émotion, on peut alors facilement voir l’intérêt d’une pratique simple pour être heureux: Activer notre bonheur. Faire semblant. Lisez-moi bien. Je n’écris pas qu’il faut nier ses émotions négatives, loin de là! Je suggère juste, et je ne suis pas le seul, d’entrainer (votre corps et) votre esprit au bonheur. Jouer à faire semblant d’être heureux pour être plus heureux, pour de vrai (qu’est-ce qui est vrai ou faux, d’ailleurs). La méditation joue probablement aussi sur ces effets. En entrainnant la bienveillance (et aussi le sourire – ne vous êtes vous jamais surpris à sourire pendant une méditation) et une posture droite ainsi qu’une respiration calme, nous entrainons notre capacité à sourire spontanément, à être heureux, à être fier de soi, bienveillant envers soi-même, naturellement. Donc, n’hésitez pas à vous imaginer souriant, droit, solide et serein, cela risquerait de vous changer réellement, durablement, positivement. Jouer à être heureux, pour être plus heureux. Quelques références:

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Musique et sons relaxant

Le premier, « Music For Zen Meditation (Verve Originals Serie)  » de Tony Scott est un enregistrement d’une session de Jazz (Verve Original Serie, pour les amateurs de Jazz) aux mélodies « Zen » et aux sonorités japonaise. Vu que la musique vaut mieux que des centaines de mots, je ne peux que vous conseiller de cliquer sur l’image du coffret ci-contre qui vous amènera sur la page d’Amazon liée à ce CD et qui vous permet d’écouter cet excellent album, très rafraîchissant et « zenifiant »   Le second, dans un genre un peu différent, est « Apaisement : Mélodies Du Silence Des Bols Chantants Tibétains » de Tsering Tobgyal est, comme le titre l’indique, un album de 4 morceaux joués uniquement avec des bols chantants tibétains. Cela peut sembler un peu austère pour les profanes occidentaux que nous sommes mais cette musique, ces sons, ont réellement un effet apaisant. Si vous méditez, le lien avec les sons de début et de fin de méditation ne peut que vous aider à entrer dans cet état de plénitude encore plus facilement. Petite anecdote personnelle pour ceux qui font de la méditation avec leur(s) enfant(s) comme moi (à l’aide du CD et du livre d’Eline Snel, par exemple), mes enfants réclament cette musique pour s’endormir le soir. Lorsqu’ils sont surexcités, l’effet est assez impressionnant car ils trouvent le calme puis le sommeil en quelques minutes. Ici aussi vous pouvez cliquez sur l’image pour écouter des extraits sur le site d’Amazon.]]>

Le journal des sciences comportementales contextuelles est né!

L’ACBS (Association for a Contextual Behavioural Science) vient de publier le premier numéro du JCBS (Journal of Contextual Behavioral Sciences) en Anglais. Le premier numéro est disponible gratuitement (cela ne va pas durer) sur le site de Elsevier: http://www.journals.elsevier.com/journal-of-contextual-behavioral-science/recent-articles/ Bonne lecture.]]>

Deuil et tradition

La tradition, c’ est transmettre le feu, pas vénérer les cendres. » En relisant cette métaphore je ne peux m’empêcher de faire un lien entre tradition, souvenirs et deuil. Il me semble que la façon de vivre un deuil, à un certain moment, peut s’apparenter à l’une ou a l’autre de ses deux propositions. La question qu’on ne se pose peut-être pas lorsque l’on est dans cette situation, c’est probablement de savoir le sens que l’on veut donner à ce deuil: vénérer un souvenir, une absence, ou transmettre ce qui animait l’être perdu, ce qui le passionnait? Qu’est-ce qui est important pour vous, a ce moment là? Quand j’écris « être perdu », il me semble que cela vaut aussi pour nos illusions, nos idéaux ou nos attentes dont on doit parfois faire le deuil avec une souffrance parfois tout aussi forte.]]>

Faut-il être psychologue pour être psychothérapeute?

En 2012, sur un forum professionnel auquel je participe, la question de l’intérêt d’avoir une formation de psychologue (formation universitaire de 5 ans) pour être psychothérapeute fut posée. J’avais répondu à l’époque sur ce forum et copié une partie de cet échange ici. Ce 3 janvier 2016, j’ai édité cet article pour le remettre au goût du jour en intégrant la nouvelle loi sur la pratique de la psychologie clinique et de la psychothérapie. Bien que les exigences légales soient nettement plus claires qu’elles ne l’étaient à l’époque, certaines questions abordées ici restent d’actualité.

Légalement, en Belgique, à ce jour (janvier 2016), le titre de psychothérapeute n’est pas encore protégé, mais l’arrêté royal qui vise à protéger la pratique de la psychologie clinique et de la psychothérapie devrait prendre effet dans le courant du mois de juin si notre chère ministre de la santé ne vient pas rajouter son grain de sable à un dossier qui a mis près de 20 ans à trouver une solution. A ce jour, la pratique du diagnostic clinique en santé mentale et de la psychothérapie, l’art de guérir la souffrance mentale, s’inscrivent dans les pratiques de la médecine (réservée aux médecins donc) ce qui provoque un problème juridique certain, d’autant que ni les psychologues ni les « psychothérapeutes » ne sont considérés comme des professionnels de la santé.

Le psychothérapeute n’étant pas « reconnu » officiellement (alors que de facto il l’est par les médecins et les clients), sa pratique ne peut être remboursée par l’INAMI et la belle réduction du coût de la sécurité sociale que cela pourrait engendrer (en augmentant l’utilisation des psychothérapies à la place des médicaments) ne peut être mise en place. Un casse-tête institutionnel qui est compliqué par des disparités nord-sud qui sont plutôt le reflet de différences de modèles théoriques que de problèmes linguistiques. La loi du 4 avril 2014 (dite loi Muylle) définit désormais des conditions claires pour l’exercice de la psychologie clinique ainsi que pour l’obtention d’une habilitation à la pratique de la psychothérapie. Cette dernière étant subordonnée à une formation supérieure de type court (graduat ou bachelor) en psychologie, soins infirmiers ou assistantes sociales (il y a un peu plus de formations reconnues que celles-là) ainsi que d’un cursus en psychopathologie et une formation dans l’une des quatre orientations reconnues par le conseil supérieur de la santé (Systémique, cognitivo-comportementale, centrée sur la personne et psychodynamique). Notez que la psychanalyse à réussi à ne pas se faire considérer comme une pratique psychothérapeutique (ce qui a du sens vu le manque de preuve scientifique de l’efficacité de la psychanalyse classique). Notez aussi qu’il y a une différence entre la psychanalyse classique (couché sur le divan, 3 à 5 séances par semaines pendant plusieurs années) et les pratiques psychodynamiques qui s’inspirent de la psychanalyse au départ, mais ont évolué vers une approche plus pragmatique et plus courte. Pour en revenir à la loi Muylle, elle n’est pas parfaite, mais permet déjà de mettre un peu d’ordre dans un secteur qui est malheureusement gangrené par quelques charlatans qui jettent le discrédit sur l’ensemble de la profession. Néanmoins le débat est toujours en cours et chacun vient avec son dogme, réfutant le point de vue de l’autre, désirant conserver une autonomie voire une hégémonie sur le secteur et bloquant ainsi l’avancement du processus, au détriment des clients, des personnes en souffrance, bien sûr.

Comme souvent, le débat est en fait une lutte de pouvoir. Cependant il y a de réelles questions qui se posent et qui devront trouver réponse à l’avenir pour le bien des clients (ou patients, selon l’école). Ces questions sont probablement plus philosophiques que politiques, mais pas sans incidence sur cette dernière. Voici une copie de mon intervention sur le forum dont je faisais mention au début de cet article. Malgré le temps qui a passé depuis lors (bientôt 4 ans), ces questions me semblent toujours pertinentes. Si quelqu’un veut y apporter son éclairage, il est évidemment le bienvenu.

Voici déjà la question posée: « Selon vous, quelle est l’importance de la formation de psychologue dans le cadre de l’accompagnement ? Thérapeute psy ou non-psy – coach psy ou non-psy ? Quelle est la valeur ajoutée du diplôme de psychologue dans ces activités (c.-à-d. coaching et thérapie) ? Est-ce nécessaire ? »

Suivi de ma réponse: « C’est une question que je me pose depuis bien longtemps et je n’ai pas (encore) une réponse bien arrêtée sur le sujet, mais j’ai déjà quelques éléments de réponse. La formation universitaire de psychologue (clinicien ou non) ne vise pas à former des psychothérapeutes, mais bien des « chercheurs » en psychologie (qui est l’étude scientifique du psychisme, du fonctionnement cognitif et des comportements).  Les formations privées ou universitaires en psychothérapies forment à un (parfois, mais rarement des) modèle(s) et des techniques qui y sont liés et à superviser les « étudiants » dans leurs pratiques de ces techniques (je ne m’étendrai pas sur le coût de ces formations et sur le lobby que font certaines, pour ne pas dire toutes les plus importantes ou les mieux représentées – ça tient presque des sectes ou des mafias parfois).  Les études scientifiques sur l’efficacité des psychothérapies (faites par des psychologues, dont une grande majorité, de par leurs formations, sont influencées par un modèle ou un autre, il peut donc y avoir des biais dans ces études, mais certains chercheurs en tiennent compte, heureusement) semblent indiquer que la technique, le modèle thérapeutique utilisé, compte pour moins de 15% dans les facteurs de succès d’une psychothérapie. Le reste étant des facteurs principalement liés à la capacité du psychologue à l’empathie, à créer du lien, à croire en son patient, à être « présent » dans la relation. Ces « qualités » du psychologue ne sont pas développées par un apprentissage théorique, mais bien par une pratique répétée, des expériences de vie, un travail sur soi-même. Notez que ces pratiques et expériences ne sont pas l’apanage de la psychothérapie ou du cadre thérapeutique et aussi que tout le monde ne part pas du même niveau.

De par leur environnement, leur chemin de vie, leur acquis et l’inné, certaines personnes ont « naturellement » développé ces qualités (ou certaines) sans devoir suivre de formation (si ce n’est celle de la vie et de la relation à autrui).  De plus, une approche « intégrée » (utilisant les différents modèles) semble plus efficace (et certaines études indiquent que près de 80% des psychologues psychothérapeutes utilisent un mélange de techniques et de modèles dans leur pratique), mais les formations de ce type (intégrées) sont peu fréquentes.

Notons aussi que selon certaines études, certains modèles sont plus efficaces pour traiter certains types de problématique (pour ma part j’ai rarement rencontré de clients avec un seul type de problème et avec lequel je ne pouvais pas faire une interprétation multiple des « symptômes » ou des comportements observés et des causes probables).

Moins scientifiquement, plus au niveau « philosophique », je me demande si j’ai été un moins bon psy (il faudrait encore définir ce que c’est) au début de ma carrière, avant que je ne suive toute une série de formations que maintenant, ou que demain (ou plus tard)? Quand aurais-je dû commencer à pratiquer, si ce fut le cas?  On peut donc se poser la question de l’adéquation de formations que se concentre sur des apprentissages « techniques » (qui comptent pour 15% du résultat) et négligent ou minimise le développement des qualités personnelles.  On peut donc se demander si il faut laisser faire les praticiens de modèles farfelus qui ne sont efficaces que de par les facteurs interpersonnels (mais c’est déjà énorme), mais qui peuvent aussi s’avérer tout à fait inefficaces? Étant un pragmatique, je me demande aussi si on peut faire n’importe quoi au nom de l’efficacité. Je m’explique: si j’utilise une technique X qui fonctionne parce qu’elle utilise les facteurs d’efficacité d’une technique Y, mais entourée d’un emballage différent (un peu comme les tours de magie), est-ce que c’est éthique, sachant que l’efficacité est quasi identique, mais que 80% de ma technique n’est pas nécessaire pour être efficace, mais elle donne un côté magique (ou vendeur, ou qui correspond mieux aux croyances de mes clients)?  Et quant à l’utilité des formations de psychologues? Je n’ai pas encore trouvé beaucoup de non-psychologues qui se posent les questions ci-dessus, qui essaient de tenir compte des facteurs anthropologiques, neurologiques, sociologiques, éthiques, etc. La formation n’est pas suffisante pour être psychothérapeutes, mais elle me semble bien être un (strict) minimum pour faire ce métier.  Comme le disait un de mes professeurs, le psychologue est un chercheur face à chacun de ses patients, il doit remettre le modèle en question en permanence et ne pas essayer de valider le modèle à tout prix. Je pense néanmoins qu’on a encore du pain sur la planche pour se remettre en cause. Il y a encore énormément de dogmes enseignés dans nos formations universitaires. Un peu plus de philosophies des sciences ne nous feraient pas de tort.  La psychologie (et la psychothérapie) n’est pas une science exacte, mais cela ne l’empêche pas d’être une science. Il ne faut pas oublier cependant qu’une science n’est pas un ensemble de savoir, mais bien une méthode, un principe de remise en question permanente et d’examen des faits en faisant abstraction des croyances et des dogmes. »

Sur cela, Égide Altenloh qui a lancé la question répond: « ..À mon sens, la formation de psychologue permet de donner un semblant de garantie que la personne qui l’a suivi a un peu de recul critique par rapport au(x) modèle(s) théorique(s) au(x)quel(s) elle se réfère et s’intéresse en partie à ce que raconte les recherches sur l’efficacité des thérapies et intègre les résultats dans une réflexion de sa pratique, voir une remise en question de celle-ci.  Il faut particulièrement faire attention aux formations privées (je le sais, j’en donne 😉 ). On y trouve de tout : je vous renvoie au scandale de 2007 où un institut de formation en « thérapie de l’âme », dirigé par une personne enregistrée comme « homme de ménage », a défrayé la chronique.  A mon sens, les risques de tomber sur un manipulateur intégriste voir religieux (ou scientiste) sont réduits quand le thérapeute/formateur a une formation de psychologue. Cette opinion n’engage que moi bien entendu 🙂 »   ce qui amène le complément de réponse de ma part que voici: « Risques réduits, mais loin d’être inexistant, malheureusement. Et j’ai plus d’un exemple en tête. Quand je vois un Astrologue-psychologue (je prend l’exemple parmi tant d’autres), je me demande si c’est un désir de s’inscrire dans les croyances du patient (comme peut le faire l’ethnopsychiatrie) ou simplement d’utiliser les croyances pour se faire un peu plus d’argent. C’est juste une question. Il me semble qu’on flirte avec les pseudosciences et la manipulation (bien que les psychothérapeutes peuvent aussi utiliser la manipulation pour aider leurs patients à s’engager dans un changement). La question est finalement: en quoi cette manipulation améliore la vie de mon client et respecte-t-elle son libre arbitre, sa liberté individuelle.  Bon, je m’égare (mais ça reste dans le sujet: le questionnement scientifique et a-dogmatique de sa pratique que la formation du psychologue doit – idéalement – lui avoir inculqué)« . Comme vous pouvez le voir, la question est loin d’être simple et je n’ai fait que de donner un résumé de quelques points qui rentrent en compte (ne parlons pas du point de vue économique et des risques sectaires).   Quelques références et articles intéressants sur le sujet: