Remboursement des psychologues cliniciens belges… à partir de 2022

Bien que les médias ont annoncés la mise en œuvre du nouvel accord visant à étendre le remboursement des prestations des psychologues cliniciens dès septembre 2021, celui ne rentrera réellement en vigueur qu’à partir de janvier 2022. En effet, bien que les budgets aient été votés, de nouvelles conventions doivent être signées entre l’INAMI et les différents réseaux, puis entre ces réseaux et les psychologues cliniciens agréés. L’ancienne convention reste néanmoins d’application jusqu’à la fin de l’année 2021.

Malgré ce petit retard, ce changement (j’ai presque envie d’écrire « cette révolution ») est une avancée majeure pour les personnes en difficultés psychologiques. Les interventions de premières lignes seront désormais ouvertes à toutes les demandes (toutes les pathologies, tous les âges). De plus, il n’est plus nécessaire de consulter son médecin traitant avant de prendre rendez-vous avec un psychologue de première ligne, la prescription de renvoi mise en place durant la phase d’évaluation n’est plus requise.

En ce qui concerne le remboursement, comme lors de la phase de test, le patient ne paie que 11€ (4€ pour les personnes bénéficiant de l’intervention majorée). Comme c’est déjà possible chez le médecin généraliste, le psychologue clinicien applique le régime du tiers payant, évitant ainsi au patient d’éventuels délais dans le remboursement des soins. De plus, la première séance de l’intervention de première ligne, le bilan fonctionnel, permettant d’orienter le patient vers le traitement le plus adapté, est désormais gratuite.

Un deuxième type d’intervention vient compléter l’offre de première ligne: les interventions spécialisées. Celles-ci pourront être de plus longue durée (plus grand nombre de séances), pour des pathologies plus sévères et son conditionnées à la réalisation d’un bilan fonctionnel en collaboration avec un médecin.

Autre nouveauté, aussi bien pour les interventions de première ligne que pour les interventions spécialisées, des sessions de groupe sont aussi possibles (avec la possibilité de complémenter les sessions de groupe avec une session individuelle, avant ou après).

Pour ce qui est de la durée du traitement, la nouvelle convention prévoit un nombre maximum de sessions par an par individu. Le nombre de sessions diffère selon que le patient soit un enfant (ou adolescent) de moins de 23 ans ou un adulte de 15 ans ou plus. Comme vous le comprenez, entre 15 et 23 ans, le psychologue clinicien peut décider de considérer le patient comme un enfant ou un adulte en fonction du type de problématique et de traitement qui sera le plus adapté. Le tableau ci-dessous récapitule le nombre maximal de sessions par an pour les différents cas possibles.

Enfants & Adolescent
(- de 23 ans)
Adultes
(15 ans et plus)
Interventions de première ligneIndividuelles10 par an8
Groupes8 par an (+1 individuelle)5 par an (+1 individuelle)
Intervention spécialiséesIndividuelles20 par an20
Groupes15 par an (+1 individuelle) 12 par an (+1 individuelle)

En plus de ces changements qui seront immédiatement perceptibles par les patients, la nouvelle convention vise aussi à améliorer la qualité des soins en assurant la formation continue des psychologues cliniciens, en favorisant la collaboration avec les autres acteurs de la santé mentale (médecins généralistes, psychiatres, logopèdes, infirmiers et infirmières, kinésithérapeutes, assistantes sociales et assistants sociaux) et en incitant les psychologues de première ligne à sortir de leurs cabinets pour travailler au plus près des personnes dans le besoin d’aide psychologique. Voilà donc un ensemble de mesures qui vont permettre, nous l’espérons tous, d’améliorer l’accès aux soins psychologiques de qualités pour toute la population.

Publié par Emmanuel Nicaise

Master en psychologie clinique et psychopathologie de l'Université Libre de Bruxelles (ULB). Psychologue clinicien agréé par l'INAMI et la commission des psychologues. Psychothérapie brève et thérapies cognitivo-comportementales. Travaille avec enfants, adolescents et adultes. Doctorant en psychologie à l'ULB. Sujets d'intérêts: psychologie de la cyber sécurité, vigilance, confiance, haut-potentiel intellectuel, influence des nouvelles technologies sur le développement des enfants, psychologie des émotions, psychologie du risque.